mercredi 10 février 2010

Déviation de Die : un débat mal posé autour de solutions inacceptables

Le débat initié par la municipalité est très mal posé D’abord parce qu’il n’est précédé d’aucun travail collectif actualisé, ensuite, par ce que le choix est brutal, entre une grosse déviation ou rien.
Nous l’avons dit en réunion publique, nous pensons qu’il ne faut pas faire de déviation routière aux caractéristiques habituelles de largeur et de courbure, comme à Chamarges ou sur la route de Luc. C’est inutile pour des trafics de transit qui sont très faibles : sur les 3000 véhicules jours qui passent sur le boulevard, 80% sont des véhicules locaux, et seulement 20% sont du transit dans la vallée. Nous ne voulons pas que ces trafics augmentent ; certains au département y ont pensé, mais la vallée de la Drôme ne doit pas devenir un barreau de voie express entre l’autoroute de la vallée du Rhône et celle de Grenoble- Sisteron. Nous avons bien enregistré la position officielle du conseil Général : la déviation de Die n’est pas d’intérêt départemental. Donc pas besoin de grande déviation. C’est un projet local qu’il faut penser.
Nous ne voulons pas d’infrastructure routière et de grands ronds points ni au pied de Justin, ni dans les jardins du Perrier. Les destructions, quels que soient les tracés, sont inacceptables. Les débats contradictoires de mercredi dernier l’ont parfaitement démontré.

Nous soulignons que les projets présentés sont très chers,autour de 25 millions d'euros en estimation de départ ! Cela garantit de très nombreuses années avant la mise en oeuvre de ce projet par un conseil général étranglé financièrement comme le rappelle régulièrement son Président.

Les trois solutions sont en même temps inutiles, destructrices et chères. Nous pensons donc qu’aucune n’est acceptable. En même temps, nous sommes convaincus qu’on ne peut pas rester sans rien faire. Des problèmes de qualité et de sécurité des déplacements sont à résoudre. Nous formulons donc une cinquième proposition.

Puisque que nous ne voulons pas d’une grosse déviation, réfléchissons sur la base de nos vrais objectifs locaux : réduire le trafic sur le boulevard, améliorer la sécurité des piétons, des cyclistes et des enfants, augmenter la qualité de vie dans la ville.
Nous proposons d’utiliser des moyens beaucoup moins lourds, moins onéreux et moins destructeurs. Nous ébauchons ci-dessous une proposition qui gagnera sûrement à être enrichie et amendée par un travail collectif.

. Nous avons étudié la possibilité de créer une rue de contournement en sens unique, donc de faible largeur, comme celle sous le cimetière, calibrée pour une vitesse limitée. Elle partirait du début de l’actuel contournement ouest, sous le cimetière. Elle descendrait pour venir se coller à la voie ferrée, et ressortirait avant la Griotte sur le boulevard actuel, en bas de Pluviane. Deux options sont à comparer, au nord ou au sud de la voie ferrée, mais toujours collée à celle-ci.
Le boulevard serait lui aussi passé à sens unique, mais dans l’autre sens. Ainsi, on irait de l’ouest vers l’est par une voie, et de l’est à l’ouest par l’autre. Il y aurait une jonction maintenue entre les deux voies à hauteur du camping pour les véhicules légers, comme c’est le cas actuellement.

Les avantages de cette solution sont les suivants :
-Une emprise réduite pour une seule voie en sens unique reliant l’Ouest à l’Est de Die,
-Une voie qui collerait à la voie de chemin de fer, en ayant une nuisance paysagère minimale.
- Une division par deux du trafic devant Chabestan, où le boulevard deviendrait lui aussi en sens unique est-ouest
-Le boulevard serait débarrassé de la moitié du trafic de la moitié du bruit et de la pollution. et il n’y aurait plus qu’une voie roulante. On pourrait donc le réaménager en donnant de la place aux piétons et cyclistes, et en créant des accès doux à l’école. Des plantations offriraient un paysage urbain très appréciable pour tous tout au long de la route.
-Un nouveau plan de circulation en centre ville pourrait être pensé en réservant l’accès automobile des deux rues centrales aux riverains, aux livraisons et urgences et aux personnes à mobilité réduite.
Le cout de cette cinquième solution est infiniment inférieur à toutes les solutions jusqu’ici proposées, et le département pourrait la mettre en œuvre plus rapidement . Certes il s’est engagé à choisir la solution qui sera retenue par le conseil municipal, mais sans donner de délais. La contrainte financière nous fait penser qu’un projet enfin utile et raisonnable a plus de chance d’aboutir rapidement.



Malheureusement, cette cinquième proposition n’est pas au vote, parce que le maire, avant d’ouvrir cette consultation, n’a pas demandé aux diois de lui donner des idées nouvelles. Il avait déjà sa préférence, désormais officielle depuis mercredi dernier : celle de la déviation longue, couteuse et consommatrice de belles terres.

Dans ces conditions, en présence du choix entre la peste d’une déviation, et le choléra de ne rien faire, faut-il aller voter ?

Oui car nous pensons qu’il faut dire NON aux déviations proposées. Nous réclamons l’étude de la cinquième solution. Nous voulons voir aboutir un projet mieux pensé, enfin raisonnable, qui améliore la sécurité, le cadre de vie et protèges nos paysages

Alors, exprimez-vous ! Votez 4, votez blanc ou votez nul en écrivant sur les bulletins, mais votez ! samedi 6 février, il ne faudra pas laisser croire que les diois sont favorables à la destruction massive de leurs paysages et de leurs impôts. Demandez de l’imagination enfin, pour qu’à Die il fasse mieux vivre dans une vallée préservée.

Pour le groupe Europe Ecologie Diois, Didier JOUVE

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