
La fusion Europe Ecologie - Verts mijote à Lyon
POLITIQUE - Les militants d’Europe Ecologie (EE) – Les Verts avaient jusqu’à lundi minuit pour voter les textes fondateurs du futur mouvement unifié de l'écologie, qui naîtra à la Convention de Lyon, le 13 novembre prochain. Ils se prononçaient aussi sur les statuts, complexes, de ce futur "parti-réseau", et sa direction transitoire. Alors que les résultats définitifs devraient être connus ce vendredi, le vice-président à la Région Rhône-Alpes Philippe Meirieu (EE) et la députée européenne Michèle Rivasi (Verts) sont venus expliquer à Lyon les étapes de la construction de cette « mouvance politique alternative » qui entend « redonner espoir aux gens ».
Ce week-end, les militants écologistes (au nombre de 13.000, dont 5.000 Verts) étaient appelés à voter les textes fondateurs de ce futur mouvement unifié de l’écologie, mais aussi ses statuts, et sa direction transitoire. La participation s’élèverait à 50%, dont une majorité ont voté par correspondance.
Constatant que « l’essor du capitalisme et l’espérance socialiste » sont « à bout de souffle », le manifeste pour une société écologique tente d’esquisser une troisième voie fondée sur « la solidarité entre les peuples et les générations, la responsabilité envers la planète, le refus des inégalités, la régulation du marché, le respect de chaque être humain ». « Les écologistes ne s’imaginent ni en parti du grand soir, ni en négociateurs des petits matins » et « privilégient la longue marche de la réforme tolérante » souligne le manifeste. Sans être favorable à « une union de la gauche où son identité se dissoudrait » cette nouvelle écologie politique penche pourtant à gauche en affirmant sa volonté de n’être « jamais neutre vis-à-vis du clivage droite-gauche quand il s’agit de choisir entre des politiques qui favorisent les privilégiés et celles qui se préoccupent des démunis ».
Si la galaxie écologique devrait se retrouver sans peine dans les 16 pages de ce manifeste, les statuts du futur mouvement font davantage débat. Les discussions portent principalement sur la place des « coopérateurs », ces écologistes qui, sans adhérer au futur mouvement, pourront participer aux groupes locaux et aux agoras (lieux de réflexion) mais auraient aussi leur mot à dire sur la désignation des candidats… « On a voulu innover pour impliquer des gens qui veulent aider mais pas s’encarter » explique Michèle Rivasi. « C’est une configuration originale qui n’existe pas ailleurs » insiste Philippe Meirieu. Mais il faut désormais trouver le « bon équilibre » entre militants et coopérateurs…
Autre sujet clivant : la désignation, par tirage au sort et sur la base du volontariat, de 20% des membres des instances délibératives du futur mouvement. Cette disposition risque d’introduire de l’instabilité mais permettrait d’ « interdire les calculs politiciens » résume Philippe Meirieu. « Nous avons vraiment la volonté de faire de la politique autrement, insiste l’élu régional, et nous avons essayé de limiter l’hégémonie des courants. Car s’ils sont un moyen de structurer le débat politique, ils ne doivent pas déterminer le pourcentage des candidats ».
Après ce vote des militants, la prochaine étape est celle du référendum interne des Verts qui devront valider par 66% des suffrages exprimés ces changements de statuts qui entraîneront la dissolution de leur parti dans une nouvelle entité.
Puis, le 13 novembre prochain, à Lyon, la Convention Europe Ecologie – Les Verts décidera officiellement de la création de ce futur « parti-réseau » original, et de son nom. « Ce sera un moment solennel et fondateur », promet Philippe Meirieu, convaincu qu’après les dernières élections européennes et régionales, « l’écologie dispose d’un espace politique fort aujourd’hui, de l’ordre de 15%. Et si nous réussissons la mue, nous pourrons monter encore ».
Anne-Caroline JAMBAUD
