dimanche 22 août 2010

Europe Ecologie avance


Le duo Eva Joly-Cécile Duflot, symbole de la paix chez les écolos ? Eva Joly et Cécile Duflot côte à côte, souriant. Pour certains, cela pourrait être l'image à retenir de ces Journées d'été des écologistes, ouvertes jeudi à Nantes. Le symbole d'une fusion harmonieuse entre Europe Ecologie et les Verts, qui cherchent en se mariant à pérenniser leurs succès électoraux.

L'ancienne juge pourrait être la candidate écologiste à la présidentielle. Elle ne l'exclut pas et, surtout, la secrétaire générale des Verts, sa potentielle rivale, a affirmé, dans une interview parue ce même jeudi dans Le Nouvel Observateur, qu'elle était "réticente" à se présenter en 2012. Duflot semble avoir adoubé Joly, plus connue pour sa lutte contre la corruption que pour la protection de l'environnement : "Eva est une vraie écolo", a-t-elle notamment dit. Mieux, elle a évoqué l'idée d'un "ticket" Joly-Duflot – l'une briguant l'Elysée, l'autre Matignon –, une formule avancée par l'universitaire Bastien François, également présent à Nantes. D'où ce symbole d'Eva et Cécile, tentant, qui trancherait avec les querelles récentes et passées des écologistes.

Tout n'est pas pourtant pas simple. La personnalité d'Eva Joly séduit certes une grande part des militants, qui l'ont largement applaudie, notamment jeudi soir en plénière. Les rares qui disent qu'ils lui auraient préféré Cécile Duflot pour 2012 semblent prêts à se ranger: "Si je devais me prononcer sur l'idéologie, plus que sur le réalisme politique, je choisirais Cécile", résume Eric Morgen, assistant du groupe Vert à la région Franche-Comté. L'idée de "ticket", rejetée par Daniel Cohn-Bendit ou José Bové, fait moins l'unanimité. Plus profondément, on sent chez les militants écologistes une méfiance vis-à-vis de la présidentielle. En disant jeudi matin "j'en ai marre de 2012", le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye s'est d'ailleurs fait applaudir. Comme si certains craignaient que la médiatisation autour des champions écolos ravive de mauvais réflexes politiques.

D'ailleurs, Daniel Cohn-Bendit a détoné, tout ce jeudi, affichant plusieurs fois sa "lassitude", devant des grappes de journalistes. "La vérité aujourd'hui, c'est que la construction d'Europe Ecologie ne passe pas par moi", a notamment déclaré l'eurodéputé Europe Ecologie. Ou encore: "Il y a des personnalités qui ne rêvent que d'avoir un appareil en main, c'est leur vie, si je n'étais pas poli, je dirais que ça les fait bander"... Que veut dire Dany ? "Il essaye de forcer un peu la marque", sourit Louardi Boughedada, Vert adjoint au maire de Dunkerque, présent lors du Comité d'animation et de pilotage (CAP) tenu mercredi entre les dirigeants Verts et EE. Une façon de dire que Cohn-Bendit cherche à faire monter les enchères dans les négociations en cours entre les deux structures. "Dany est fatigué par certaines choses qui sont dites, comme cette histoire de 'ticket' Eva-Cécile", estime Sandrine Bélier, eurodéputée Europe Ecologie, également présente au CAP. Certains voient dans le duo le signe d'un "deal" passé entre les Verts et Europe Ecologie : en échange de sa bienveillance pour la candidature d'Eva Joly en 2012, Cécile Duflot récupèrerait la direction du futur parti "unifié", qui doit naître lors des Assises du mouvement, à Lyon en novembre.

"Il n'y a pas de deal", insiste pourtant Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie. L'ancien de Greenpeace explique que les Verts refusent pour l'instant l'idée d'une direction collégiale ou bicéphale pour le futur parti. Un point crucial aux yeux de membres d'Europe Ecologie: si le futur parti n'a qu'une tête – et celle de Cécile Duflot –, cela veut dire que le parti Vert n'a accompli qu'une "demie-mue", argumente Sandrine Bélier.

Une des surprises des Journées d'été, annoncée jeudi soir par Eva Joly, est peut-être à lire dans le cadre des négociations en cours : l'ancienne juge a fait un tabac en annonçant qu'elle souhaitait l'organisation de primaires écologistes ouvertes pour 2012. Elle conquèrerait ainsi sa légitimité.

Beaucoup de choses restent à écrire, dans l'avenir du mouvement. "Les réunions de tendances ont toujours lieu, mais cette année, on ne les annonce plus publiquement", s'amuse un militant des Verts de longue date, histoire de dire que des tractations ont encore lieu entre les anciens courants du parti écolo. " C'est sûr que beaucoup chez les Verts se demandent ce qu'ils vont devenir, c'est normal, certains ont gravi les échelons pendant des années. Ce protectionnisme est récent", reconnaît Jérôme Rohart, élu Vert à Tourcoing. Mais le militant entré au parti en 1989, souligne surtout, comme beaucoup, les bons côtés de la dynamique en cours depuis l'émergence d'Europe Ecologie: "Notre groupe local a doublé ses militants, on a gagné 3 points à une cantonale partielle en juillet et fusionné les deux structures Verts et EE. Et ça marche."

Les discussions entre dirigeants écologistes, elles, ne manqueront pas de se poursuivre vendredi et une réunion est prévue samedi.

Ecologistes : Joly et Duflot affichent leur unité

Le pacte entre les dirigeants écologistes n'est pas totalement écrit, mais les contours se dessinent. Lors de la plénière finale des Journées d'été écologistes, Eva Joly et Cécile Duflot se sont affichées ensemble devant les objectifs des photographes, avant de monter à la tribune pour clore les journées d'été. Longuement applaudies par les militants, elles affichent ainsi leur unité. L'ancienne magistrate a donné des gages en faisant discours axé sur le social et les thématiques chères à la ligne des militants Verts. Elle a plaidé pour "une meilleure répartition des richesses" "sans attendre le retour de la croissance".

Mais elle s'est également faite ovationner en se plaçant sur un terrain personnel : "Vous vous demandez peut-être comment une femme avec une voix faible et un accent étranger peut porter le projet écologiste ? Des accents, nous sommes nombreux à en porter, il y a celui de Marseille, de Béthune, de Strasbourg, celui des Roms. Et je les représente tous un peu..".

A son tour, Cécile Duflot égrène les rendez-vous sociaux de la rentrée. Et les succès à venir pour les écologistes. En évoquant Eva Joly, elle fait référence aux périodes de disette électorale qu'ont connu les militants Verts. Et précise : "Je m'exprime probablement pour la dernière fois comme la secrétaire nationale des Verts". "Certains ont aidé à mettre le bateau à la mer, il faut maintenant traverser vers l'autre rive", dit-elle également, dans une allusion transparente à Daniel Cohn-Bendit.

Cette prestation des deux femmes est aussi une manière de s'affirmer dans le débat qui a occupé les cadres écologistes lors de ces Journées de Nantes. Et de mettre en avant un duo entre un future candidate en 2012 et une future secrétaire nationale du parti écologiste ?

Depuis deux jours, un des points qui animent les discussions entre Verts et membres d'Europe Ecologie est la structure de la direction du futur parti. Daniel Cohn-Bendit et ses partisans ont plaidé, dans les médias, pour une direction à deux têtes, qui symboliserait la "mue" harmonieuse. Et regretté que les Verts refusent de lâcher, préférant un secrétaire national unique, a priori Cécile Duflot. Pour certains Verts, cela pourrait être une forme de compensation pour d'autres concessions, notamment l'acceptation de la candidature à la présidentielle d'Eva Joly, venue de l'extérieur du parti.

DIRECTION BICÉPHALE

Officiellement, rien n'est tranché - la décision revient in fine aux militants - mais un schéma est évoqué. Il comprend un secrétaire national (a priori Cécile Duflot) et un président, qui chapeauterait un conseil politique collégial, plus des porte-parole. Le nom de l'eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot, circule comme candidat potentiel pour cette présidence.

Yannick Jadot, eurodéputé proche de Daniel Cohn-Bendit, évoque un schéma légèrement différent. Pour lui, il s'agit d'une direction constituée de deux postes différents dans la fonction ("l'un exécutif, l'autre politique, par exemple"), pas d'un secrétaire national unique, flanqué d'un "président d'honneur". La nuance tient peut-être au fait que le nom de M. Jadot a été évoqué par Daniel Cohn-Bendit pour diriger le parti avec Cécile Duflot.

"Ces discussions-là n'intéressent pas beaucoup les militants", relativisent certains. Surtout, contrairement aux débats enflammés chez les écologistes, elles n'empoisonnent pas l'atmosphère de Journées d'été, qui se terminent sur un bilan plutôt positif. Plus nombreux que jamais, les écologistes ont connu à Nantes un rassemblement au contenu assez riche, "bien plus large et profond qu'à Nimes l'année dernière", estime Sophie Camard, conseillère régionale PACA.

L'affluence record renforce le moral des militants. Et les dirigeants ont choisi de construire un "parti unifié", sans le bras de fer que beaucoup redoutaient. Malgré les tensions au sommet, la greffe semble tout de même prendre, entre Verts et "divers". La prochaine grande échéance est en novembre, lors des Assises à Lyon. "Tout n'est pas rose, mais on a connu tellement, tellement pire...", sourit une militante.

Alexandre Piquard

samedi 21 août 2010

Coopérative de Bois Buches

Bonjour,

La prochaine réunion des Bonnes Energies aura lieu le mardi 31 août prochain, de 18h à 21h, à DIE chez Philippe MEJEAN (voir le mail ci-dessous pour l'accès)

A l'ordre du jour, sur la base de documents préparés (qui vous serons envoyés au préalable) :

- Enquête / Etude de marché

- Planning des prochaines étapes

Cordialement,

Coopérative "Les Bonnes Energies" ?
Laure CHARPENTIER

lcharpentier26@gmail.com


Bonsoir Laure, c'est bon pour organiser la réunion du 31 à la maison, 12 rue du
Faubourg St Marcel à Die. Chacun apporte un ti'kèkchose à manger.
Se garer à la médiathèque, tourner à gauche au petit rond point de l'entrée du
viaduc, puis tout de suite à droite, prendre la rue St Marcel qui descend
derrière La Carline. A 100 m tourner à gauche en franchissant le portail noir
(qui peut s'ouvrir en levant l'ancre à travers les grilles), passer sous le
viaduc puis tourner à droite. Repassez sous le viaduc dans l'autre sens. Vous y
êtes !
Chez : Philippe MEJEAN

philippe.mejean@free.fr

12 Rue du Faubourg St Marcel
26150 DIE
04 75 22 19 59
06 26 33 44 09
Tel pro : 04 75 22 47 95
Le projet des Bonnes Energies, mis en sommeil à l'approche des beaux
jours... est sollicité pour témoigner lors d'une réunion sur l'investissement collectif dans la Biovallée le 15 septembre prochain.
C'est l'occasion de relancer nos réflexions sur ce projet.
Je prends donc la plume pour proposer une rencontre des Bonnes Energies
et faire le point sur les prochaines étapes.
Pour mémoire, nous avions travaillé à une hypothèse d'activité de bois buche
en résineux diois, nous permettant d'en cerner les conditions de viabilité,
les grandes lignes de tarification et de compte d'exploitation.
Nous avions également pris des contacts avec un forestier, commencé à communiquer sur le sujet et animé une réunion collective afin de
mesurer l'intérêt de possibles coopérateurs à ce projet.
Je vous propose donc de nous retrouver début septembre, pour faire le point ensemble sur le projet, en reprendre le fil et définir ensemble les conditions / moyens nécessaires pour que le projet puisse voir le jour et ceux disponibles.
Cordialement,
Laure CHARPENTIER
06 81 30 29 45

lcharpentier26@gmail.com

mardi 17 août 2010

Eva Joly présidente ?

Eva Joly : « Oui, l'élection présidentielle m'intéresse »

Eva Joly lors d'un meeting pour les élections régionales à Strasbourg, le 8 mars 2010 (Vincent Kessler/Reuters)

« Oui, l'élection présidentielle m'intéresse, c'est clair. » L'eurodéputée Eva Joly a franchi un nouveau pas, vers une candidature au nom d'Europe Ecologie en 2012.

Pour en juger, lisez ce qu'elle disait dans l'entretien au numéro 2 de Rue89 Le Mensuel, sorti le mois dernier et toujours dans les kiosques. A la question de Pascal Riché : « Avez-vous envie de vous lancer dans la bataille présidentielle », elle répondait :

« J'en ai parlé avec Cécile [Duflot, ndlr], et, authentiquement, nous pensons que c'est trop tôt pour en discuter. Nous ne savons pas à quoi va ressembler le monde dans deux ans.

Mais si les circonstances sont là, si je peux faire un travail collectif et s'il s'avère que je peux faire la différence, alors oui, je le ferai. Mais je ne me bagarrerai pas pour cela. Je ne pense pas que ce soit un grand bonheur. »

De « oui, si » à « oui »

A quelques semaines de différence, elle est passée de cette réponse quelque peu évasive à un « oui » plus franc. Et elle le dit à quelques jours des journées d'été du mouvement Europe Ecologie dont elle est eurodéputée.

Le sujet sera inévitablement sur la table à Nantes, où se tiennent du 19 au 21 août ces journées des Verts-Europe Ecologie. D'autant qu'Eva Joly précise à Sud-Ouest :

« Je ne m'y consacrerai que si je me sens portée par le mouvement dans sa totalité. Ma candidature doit correspondre au désir des militants. »

La députée européenne ajoute toutefois qu'elle « comprendrait très bien une décision inverse de leur part ».

Au même moment,, Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts, alimente la tendance en déclarant :

« Je suis très zen : entre Eva et moi, il n'y aura jamais de problèmes. Quand il n'y a pas de testostérone, c'est bien plus simple ! Vous le verrez à Nantes, je parlerai de la présidentielle et il y aura des images claires. »

Clarification à Nantes ?

Des querelles affaiblissent assurément l'image des écologistes dans l'opinion, incapables de taire leurs divergences alors qu'ils sont en situation de s'installer durablement comme deuxième force de la gauche.

L'université d'été de Nantes sera un moment important et attendu de clarification pour les écologistes, et les déclarations d'Eva Joly s'inscrivent dans cette perspective.

Eva Joly a su installer dans l'opinion une image éthique qui fait cruellement défaut à la politique française en cette période troublée. C'est son point fort quand elle a plus de mal à articuler un programme global de gouvernement.

De livres en interviews, elle a esquissé une posture qui lui ressemble, et a séduit une partie de l'opinion écœurée par les dérives du pouvoir et les impasses de l'opposition classique.

« Une absence de conduite éthique »

Elle avait ce commentaire assassin sur le pouvoir en France, à la lumière des différentes affaires :Bettancourt , Woert, Guillon , etc

« Ce qui lie ces différents événements, c'est une absence de conduite éthique, d'exigence envers soi-même. C'est aussi l'absence de transparence dans notre société, une transparence qui aiderait pourtant les responsables politiques à se comporter de manière exemplaire. Ce qui les lie, c'est aussi une une grande arrogance, un mépris des règles communes. »

Une analyse qu'elle étend à l'élite française à laquelle elle se sent extérieure, en tant qu'« immigrée » norvégienne, même si elle utilise le « nous » à propos de la société française :

« Elles forment un club trop fermé, qui ne favorise pas la créativité. Nous sommes une société excluante. Prenez la langue : le français est une langue magnifique mais très discriminante. A la différence du norvégien, elle n'a jamais été simplifié, et il faut des années pour en saisir les nuances. Pour le manier correctement, cela suppose une culture.

La France est aussi une société ségréguée, géographiquement. Cela vient des modèles d'urbanisation, autour des cathédrales. Le centre de la société, c'est une ville romaine, avec le temple -devenu l'église- et le pouvoir politique -la mairie. Mais aussi le tribunal, les bâtiments officiels.

A la périphérie, on trouve les “quartiers” dans lesquels on a logé ceux qui souffraient de la paupérisation dans les années 50 et 60. A l'époque, cela a représenté d'immenses investissements publics, un effort colossal. On a construit dix millions de logements pour sortir les gens des taudis.

Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions et, ironie de l'histoire, s'il n'y a plus de taudis, personne ne veut vivre dans ces barres plantées dans les herbes folles. Parce qu'on n'y trouve pas la vie de la ville, et donc il n'y a pas d'intégration possible.

C'est le problème numéro un en France.

Ce n'est pas un problème que Stéphane Gatignon [maire de Sevran, conseiller général de Seine Saint-Denis, ex-PCF rallié à Europe Ecologie, ndlr] va régler tout seul. Seul l'Etat peut le faire. Il faut traiter ces espaces-là, en faire de véritables villes, les considérer avec un regard d'urbaniste.

Les élites, elles, ne voient pas cela. Elles vivent au centre, autour de la cathédrale et de la mairie. »

L'absence de femmes, « un facteur de blocage »

Le renouveau, pour Eva Joly, passe aussi par l'émergence de plus de femmes dans les postes à responsabilité dans tous les domaines :

« Je le pense. C'est une question de société fondamentale. Oui, l'absence de femmes à ces postes est un facteur de blocage.

Dans la justice, par exemple, c'est caricatural : les femmes sont très majoritaires dans la profession, mais elles n'occupent que 2 ou 3% des postes supérieurs.

Les sociétés nordiques ont décidé, lorsqu'elles ont constaté que le “plafond de verre” ne se brisait pas, d'imposer des quotas pour accroitre la présence des femmes : en politique, puis dans les entreprises… Et c'est un grand succès comme vous le savez.

Je ne veux pas trop faire de généralisations, mais par mon expérience personnelle, je constate que les femmes d'aujourd'hui sont plus orientées vers les objectifs et leur ego est de moindre importance que chez les hommes.

Cela correspond à une époque, peut-être. Les femmes de ma génération, en première ligne, avaient eu un parcours de combattantes et leurs traits de caractère étaient différents. Pour la génération de ma fille ou de ma petite fille, accéder à des responsabilités politiques est plus aisé. Et du coup elles peuvent se focaliser sur les résultats. »

On y trouve une ébauche de programme présidentiel. Il y manquait le « oui » que Eva Joly a finalement lâché à Dimanche.

Photo : Eva Joly lors d'un meeting pour les élections régionales à Strasbourg, le 8 mars 2010 (Vincent Kessler/Reuters)