mardi 4 mars 2014

Les écologistes lucides sur l'Europe...

Pascal Durand, tête de liste EELV aux européennes: «Ni eurosceptiques, ni eurobéats mais eurolucides»

INTERVIEW – L’ex secrétaire national d’EELV explique quelle Europe son parti veut défendre et mettre en place...

L'écologiste Pascal Durand, député européen et tête de file en Ile-de-France pour les élections européennes, explique à 20 Minutes comment son parti appréhende le scrutin, qui se déroulera le 25 mai prochain.
En 2009, vous aviez créé la surprise en obtenant 16% et 17 députés européens. Quel est votre objectif cette fois?
Le même! Sans être prétentieux ou arrogant, nous avons l’ambition et la détermination de réussir cette campagne. Le risque, c’est que l’Europe soit prise en otage par la politique nationale: on ne laissera pas faire. Ce n’est pas un vote pour ou contre Hollande.
Vous revenez d’Ukraine où une partie de la population clame son envie d’Europe. N’y-a-t-il pas un paradoxe avec les citoyens européens qui semblent se désintéresser de la chose européenne?
Ce n’est pas un paradoxe mais un très bon miroir que nous tend l’Ukraine. Les valeurs que représentent l’UE - la paix, la liberté, l’Etat de droit - font envie à nos frontières.  Cette révolte de la jeunesse ukrainienne nous renvoie aux origines de ce pour quoi on a créé l’Europe et nous interroge: n’avons-nous pas perdu de vue en chemin les fondements de l’Union Européenne au nom d’une financiarisation de la vie, d’une mise en concurrence globale?  Jamais autant que maintenant nous avons eu besoin de construire, ou plutôt reconstruire cette Europe de la solidarité. C’est cette nécessité d’Europe qui doit être au cœur des solutions de notre vie en commun.
Et pourtant, ce sont les partis extrémistes qui semblent gagner du terrain partout en Europe…
Je ne serais pas aussi pessimiste. Il y a effectivement une montée du vote protestataire mais ce n’est pas qu’une tentation du repli sur soi, de l’égoïsme, même si cela existe. C’est aussi le résultat d’une déception vis-à-vis de l’Europe, des politiques publiques menées par l’UE. Et c’est vrai, l’UE se coupe de ses citoyens, elle perd de sa légitimité démocratique à cause de la co-décision étatique des conseils européens.  Mais je crois aussi qu’on n’a pas su valoriser les avantages acquis de l’UE: je vous laisse imaginer les conséquences de la crise de 2008 s’il avait été possible de spéculer sur la lire italienne ou la peseta espagnole. La crise aurait été autrement plus forte dans les pays les plus faibles. Puis l’Europe, même si c’est parfois trop tardif, commence à mettre en œuvre une régulation.
Mais comment convaincre les abstentionnistes et les électeurs tentés par le vote identitaire?
Il faut être conscient qu’une partie de la population ne croit plus à la capacité des politiques à changer le réel. C’est aussi la faute des partis, notamment en France où, à l’UMP comme au PS, on envoie au Parlement des gens qu’il faut récompenser ou recaser, c’est grave.  Mais raison de plus pour occuper l’espace! Notre rôle n’est d’être ni eurosceptiques ni eurobéats mais d’être eurolucides. A nous de montrer les opportunités que peut offrir l’Europe. Pour nous l’UE est un espace indispensable pour construire une réponse aux problèmes que sont le chômage, la désindustrialisation, la problématique des transports, ou du climat, qui ne peuvent se régler qu’à l’échelle continentale. Il faut le marteler, l’Europe est la solution. Mais une Europe fondée sur la solidarité, pas sur la concurrence, sur l’intérêt général, pas sur les égoïsmes nationaux. Il faut une politique d’investissements de projets européens, un service public européen, dire qu’il y a des biens qui ne doivent pas être soumis à la concurrence, comme l’énergie ou l’eau. Nous prônons une vraie gouvernance démocratique avec un Parlement qui joue pleinement son rôle et qui met en œuvre une politique d’intérêt général et non, comme c’est trop souvent le cas, une somme d’intérêts particuliers. Et l’Ukraine le rappelle douloureusement: il faut que sur la scène internationale, l’UE parle d’une seule voix.
Adhérez-vous au discours de votre allié au gouvernement, le PS, qui fait campagne sur la réorientation de l’UE?
Une des raisons pour lesquelles les gens vont vers le vote protestataire c’est le décalage entre les discours et les actes. C’est exactement ce que fait le PS. S’ils veulent une autre Europe, pourquoi voter la baisse du budget européen, qui a pour première conséquence des coupes dans les programmes sociaux?
Propos recueillis par Maud Pierron

mercredi 20 mars 2013

L' Ecologie des solutions

Trois cents personnes ont participé à Loos-en-Gohelle à la première des quatre conventions écolos nationales qui doivent se tenir d’ici le mois de juin. Le thème était pour commencer : les emplois de la transition énergétique…
Loos-en-Gohelle : succès de la première convention nationale interrégionale « l’écologie des solutions »




Ne pas demeurer dans l’entre-soi, ne pas s’en tenir à la rencontre stérile des pareils et des semblables, favoriser la rencontre et la diversité des participants, le croisement improbable des imprévus, des différents : ceux que l’ignorance, le cloisonnement des temps et des espaces de vie isolent et séparent sans cesse : syndicalistes, associatifs, entrepreneurs, fonctionnaires, chercheurs, garantis, chômeurs et précaires, jeunes et plus vieux, ressources du terroir et renforts venus d’ailleurs.
Varier les formes du débat et du partage : échanger, écouter, voir, débattre, faire la fête, prendre du temps pour trouver les mots nouveaux de la transformation.
Partir des pratiques pour monter en généralité et pour convaincre par l’exemple, rompre avec les technocraties suffisantes et les avant-gardes éclairées qui savent toujours tout mieux que ceux d’en bas.
En ces temps de doutes, d’interrogations, voire de déprime politique à gauche, les écolos ne sont ni dans le gémissement ni dans la plainte du faible au fort : ils portent et supportent des dynamiques et des alternatives créatives concrètes ; on résiste, on propose, on agit, on fait bouger les lignes…
Avec des priorités clairement affichées : l’emploi durable par l’économie verte, la réponse aux urgences sociales par le vivre mieux, le redressement du pays par une relance de la construction européenne.
Avec l’idée que le stade des prototypes et des expérimentations est – pour l’essentiel – derrière nous : il est temps, afin de passer à l’écologie du plus grand nombre, de mettre en forme, de former, de diffuser, de généraliser.
Cette reconquête de la dignité de la politique et de l’engagement, contre l’abandon, la nostalgie et la défaite, se joue ici et maintenant sur les territoires, dans l’alliance des politiques publiques, des initiatives et des combats de tous les jours.
Les écologistes sont à la fois dans les lieux où l’on gouverne, dans ceux où l’on innove, dans ceux où l’on s’indigne…
Il faut tenir ce cap : nos concitoyens ont besoin et envie de l’écologie des solutions.

Jacques Archimbaud
Secrétaire national adjoint d’Europe-Ecologie Les Verts

Sandrine Rousseau
membre du bureau exécutif en charge des Conventions des écologistes

mardi 18 décembre 2012

Le Budget 2013, recalé au Sénat...


Le Sénat met son véto au budget rectificatif et au pacte de compétitivité

Le Sénat s'est à nouveau rebellé samedi contre le gouvernement en refusant de donner son feu vert au budget rectificatif de fin d'année qui prévoit le crédit d'impôt compétitivité et des hausses de TVA, les communistes persistant dans leur fronde.
Même si le projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2012 sera finalement adopté par le parlement, l'Assemblée nationale ayant le dernier mot conformément à la Constitution, cette situation de blocage avec le Sénat met un peu plus à mal l'image du gouvernement.
Le texte a été rejeté par 182 voix contre 157. Il avait été auparavant vidé de son contenu avec la suppression de ses principales mesures: la création du crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE) et la hausse de la TVA à partir de 2014, assortie d'une refonte de ses trois taux.
Encore une fois la majorité de gauche sénatoriale, qui n'a que six voix d'avance, n'a pas fait bloc face à la droite UMP et centriste (UDI-UC). Les communistes ont à nouveau fait bande à part mais, pour la première fois, les écologistes se sont joints à eux sur le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE).
Trois amendements identiques de suppression de l'article instaurant ce crédit d'impôt de 20 milliards d'euros, présentés par le groupe CRC (communiste), les écologistes et le groupe UDI-UC, ont ainsi été adoptés par 202 voix contre 143. Seuls les socialistes et le RDSE (à majorité PRG) ont voté contre. Les députés EELV s'étaient abstenus sur cette mesure pivot du plan compétitivité issu du rapport Gallois.
Les écologistes ont toutefois voté pour l'ensemble du budget rectificatif, une fois débarrassé du pacte de compétitivité et des hausses de la TVA.
Au fil des débats, la fissure au sein de la majorité semble ainsi s'élargir. Les écologistes ont nettement haussé le ton lors de ce débat, refusant d'avaler leur chapeau.
"Il faut renforcer la compétitivité des entreprises, mais pas avec un tel chèque en blanc! Est-il acceptable que Mittal perçoive un chèque de 40 millions par an ?", a tonné Joël Labbé (EELV).
"Je retire mes amendements la mort dans l'âme, nous avons besoin de signes rapides, ce sera un point dur de nos relations. Il faudrait à un moment qu'il y ait une concertation avec les partenaires ou alors il ne faut pas de partenaires", s'est écrié, très en colère, André Gattolin (EELV) après avoir demandé que la hausse de la TVA épargne le logement social.
Les communistes ont dès le début de la discussion générale donné le la, Marie-France Beaufils reprochant au texte gouvernemental de remplacer une part de l'impôt sur les sociétés et de l'impôt sur le revenu par la hausse de la TVA: "Quel choix contradictoire avec la justice fiscale et sociale!", a-t-elle lancé.
Dans une lettre ouverte publiée fin novembre, les 20 sénateurs CRC avaient menacé de s'opposer au projet de budget rectificatif, adopté par l'Assemblée nationale, "si rien ne bouge".
La grogne est également perceptible parmi les sénateurs PS. Parmi leurs amendements, par exemple sur le logement social, quasiment aucun n'a été retenu.
La droite sénatoriale n'a de cesse de s'engouffrer dans la brèche ouverte à gauche pour faire échouer les textes phares de l'exécutif et attaquer le président de la République.
"Ce vote négatif du Sénat est un échec particulièrement symbolique pour François Hollande. Il traduit la situation intenable dans laquelle il se trouve", a déclaré samedi le président proclamé, et contesté, de l'UMP, Jean-François Copé.
C'est le cinquième rejet d'un texte par le Sénat depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, après ceux sur l'énergie, la programmation budgétaire 2012-2017, le projet de budget de la Sécu, le budget 2012, à chaque fois à la suite d'une fronde des communistes.
Une Commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargé d'harmoniser les positions du Sénat et de l'Assemblée se réunira lundi mais est promise à un échec. Le texte reviendra alors devant les deux chambres pour une dernière lecture où les députés auront le dernier mot.
Jean David Abel; EELV Romans sur Isère

jeudi 23 août 2012

Débat à Poitier à l'Université de Europe Ecologie

Les  écolos se divisent sur la “règle d’or”
Daniel Cohn-Bendit attendait ce débat depuis longtemps. Il avait même promis de « cogner ». Finalement, la séance plénière sur la crise européenne, organisée mercredi 22 août, au premier soir des journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts fut moins houleuse que prévu. Il n'en reste pas moins que chez les écologistes, les divergences restent profondes sur la future ratification du pacte budgétaire européen.

Fin septembre au Parlement, les 17 députés et les 12 sénateurs écologistes devront se prononcer sur ce traité (le TSCG, traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, qui prévoit notamment un contrôle plus strict des budgets des Etats et l'introduction d'une “règle d'or” limitant à 0,5 % le déficit structurel des Etats). Cet été, le Conseil constitutionnel a en effet estimé qu'une loi organique suffirait et qu'il n'était pas nécessaire de modifier la Constitution. Pas de majorité qualifiée des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès ; il n'y a donc guère de suspense : un vote positif est d'ores et déjà acquis. Même si une partie de l'aile gauche du groupe PS pourrait ne pas le voter, de même que des députés écologistes et le Front de gauche, le gouvernement pourra compter sur les voix de l'opposition, le traité à ratifier ayant été négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

Le débat reste pourtant vif parmi les ténors du parti écologiste. Car ce traité, fruit d'un compromis entre gouvernements, est de fait la traduction d'une ligne optant très clairement pour l'austérité. Si les échanges sont aussi musclés, c'est qu'en filigrane, il est aussi question de la place des écologistes dans la majorité. Alliés au PS par un contrat de gouvernement, fort de deux ministres, ils disposent aussi pour la première fois d'un groupe à l'Assemblée. Peuvent-ils se payer le luxe de voter en septembre contre le traité budgétaire alors qu'en octobre, ils devront voter un budget 2013 marqué par une rigueur extrême ? Alors que François Hollande maintient l'objectif de 3 % de déficit en 2013, il manque toujours 33 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat pour l'année prochaine, et sans doute bien plus si la croissance reste proche de zéro, comme c'est le cas en ce moment.

Les clivages entre les ténors du parti sont donc apparus au grand jour. Sous l'œil parfois dubitatif des militants. Beaucoup semblaient circonspects face à un texte européen très technique et dont les enjeux apparaissent souvent difficiles à appréhender. Dans le grand amphithéâtre surchauffé où s'étaient rassemblés des centaines d'entre eux, le long débat de mercredi soir – il a duré plus de deux heures trente – a finalement tourné à un duel à fleurets mouchetés entre deux figures du mouvement, incarnation de deux positions irréconciliables : Daniel Cohn-Bendit, partisan du “oui”, et Eva Joly, opposée à un traité européen dont elle s'attache à rappeler qu'il a été négocié par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, n'a pas été remis en cause par François Hollande – qui s'y était pourtant engagé –, et n'a été assorti que d'un modeste volet croissance de 120 milliards d'euros lors du conseil européen de la fin juin.

Le matin même, dans Libération, l'ancienne candidate à la présidentielle avait d'ailleurs appelé de ses vœux un référendum. « On ne peut pas escamoter le débat public sur un tel enjeu », disait-elle. Une position similaire à celle du Front de gauche, sèchement rejetée par Daniel Cohn-Bendit : « Eva Joly a le droit de dire n’importe quoi. Elle n’a qu'à faire un référendum sur l’euro en Norvège », réagissait-il illico sur France Inter.

Des attaques frontales, considérées par beaucoup comme une grosse tentative de “lobbying” sur les parlementaires français de cette figure charismatique du parti qui séduit autant qu'il énerve : « Dany, c'est un Scud. C'est le provocateur du parti, qu'on aime et qu'on déteste. Mais il parle un peu tout seul », rappelle la nouvelle députée écologiste de Châtellerault (Vienne), Véronique Massonneau, venue en voisine à ces universités d'été. Mardi soir, à la terrasse d'un restaurant de Poitiers, le ton était du reste monté très rapidement entre Cohn-Bendit et François de Rugy, coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, après que ce dernier avait demandé à Daniel Cohn-Bendit de lui « donner des arguments pour voter le traité ». « Il m'a traité de petit con, raconte de Rugy. Mais je ne me formalise pas, minimise le député, parce que je le connais bien... »

Eva Joly : « L'austérité ne marche pas »
Mercredi soir, devant les militants et un panel d'intervenants invités par ses soins (dont une seule opposante au traité, la présidente d'honneur d'Attac, Susan George), Cohn-Bendit a d'abord rappelé sa position: le traité budgétaire est certes « inutile », mais « il est le résultat d'un compromis intergouvernemental ». En clair, il s'agirait d'abord d'une « garantie » juridique pour les Etats comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou la Finlande, qui craignent de devoir renflouer d'autres Etats sans jamais obtenir aucune contrepartie.

A ceux qui lui opposent les conséquences sociales d'un tel pacte, l'eurodéputé suggère que le “non” marquerait une rupture franche avec l'Allemagne : « Toutes les critiques qu'on peut faire sur la rigidité de la rigueur budgétaire, je les comprends et je peux les partager. Nous ne sommes pas d'accord avec ce traité, mais sans lui il n'y aura pas de mutualisation de la dette. » De fait, l'Allemagne, opposée à toute mise en commun des dettes au sein de la zone euro, se refuse d'en envisager le principe même tant que la discipline budgétaire n'est pas entérinée au niveau européen. A la tribune avec lui, l'Allemande Ulrike Guerot, directrice du bureau berlinois de l'European Council on Foreign relations, abonde.

Pour Cohn-Bendit, un vote positif des députés et des sénateurs français, fin septembre au Parlement, permettra aussi de peser sur la majorité socialiste, en l'assortissant de conditions, comme la hausse du budget européen ou une réforme de la politique agricole commune écolo-compatible. « C'est un pari, affirme le député européen. Mais dans la situation où se trouve l'Europe, dire non est respectable mais n'ouvre pas de perspectives politiques », martèle-t-il.

A son côté, un autre eurodéputé, Yannick Jadot, insiste : « Ne nous trompons pas de combat ! Nous devons désormais passer à l'étape fédérale de l'Union européenne. Si le traité devait être le début et la fin du processus d'intégration qu'on nous propose, je voterais contre car c'est un traité d'austérité. Mais nous ne sommes pas dans ce cadre, comme on l'était en 2005 avec le traité constitutionnel (qui a donné lieu en France à un référendum où le “non” l'a emporté). Ce traité, c'est la contrepartie des mécanismes de solidarité créés en urgence par les gouvernements. Cette pierre est moche, mal foutue, tordue, mais c'est la pierre qui permet de construire autre chose, de donner des ressources supplémentaires à l'UE » (Mt 21:42). La salle acquiesce mollement, et hue même la conclusion où Jadot plaide une nouvelle fois pour une position écologiste ouverte, afin de ne pas doucher trop vite les audaces européennes de François Hollande.

Au premier rang, Eva Joly écoute d'abord sans rien dire. L'ancienne candidate à la présidentielle est arrivée dans l'après-midi. Elle a refusé de s'exprimer. Mais au bout de deux heures de débat, à la faveur d'une question du public sur l'Islande, elle prend le micro. Ovation de la salle. Joly se lance alors dans une charge contre le traité. « Ce qu'on vous propose, c'est un traité qui préserve les privilèges des rentiers. Un traité que les salariés vont payer, dit-elle. Je ne pense pas que nous devons signer ça pour satisfaire les perceptions erronées de l'Allemagne. J'étais pour les traités précédents. Mais cette fois, je pense que le prix à payer est trop élevé et la population ne le supporterait pas, à commencer par les Grecs. Nous n'allons pas imposer une politique d'austérité qui ne marche pas, ne permet pas de combler les déficits et crée la récession. » Cohn-Bendit ne pipe mot. La sortie de Joly, bien plus limpide que les explications parfois absconses sur le traité qui ont précédé, suscite une nouvelle salve d'applaudissements.

De toute évidence, la position critique de Joly est en résonance avec le sentiment de nombreux élus et militants. Les responsables du groupe écologiste à l'Assemblée nationale et au Sénat ne s'y sont pas trompés, qui indiquent depuis plusieurs semaines qu'ils voteront “non” au traité. « Je comprends la position d'Eva Joly et d'autres à la gauche de la gauche, assure Jean-Vincent Placé, le président du groupe au Sénat. Daniel Cohn-Bendit a lui-même qualifié ce traité de “Merkozy” par le passé. Il n'y a pas de saut fédéral dans ce traité. »

Selon Placé, cette position est largement majoritaire dans le parti. Il cite même une estimation de « 80-20 » contre la ratification, difficile à vérifier. Jeudi matin, la ministre du logement et de l'égalité des territoires, Cécile Duflot, ancienne secrétaire nationale d'EELV, estimait à son tour devant les journalistes que l'« immense majorité » des militants est contre le traité. « Instinctivement, c'est normal d'être contre quand on voit ce qui se passe en Grèce et en Espagne », dit-elle, refusant de départager le camp des “oui” et celui des “non”. « Le point positif, c'est qu'on n'est plus dans la bataille d'Hernani du traité constitutionnel de 2005 », relève-t-elle, en soulignant la « maturité » des débats.

Coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, François de Rugy va dans le même sens. « Ce traité est potentiellement une mauvaise nouvelle économique », dit-il. Il rejette également la position « de principe » des partisans de Cohn-Bendit. « On est en train d'essayer de nous faire croire que plus d'austérité c'est plus d'Europe. Ça fait des années qu'on nous dit qu'il vaut mieux avoir un traité européen que pas de traité du tout. Moi je dis, ben non, il vaut peut-être mieux pas de traité du tout », estime celui qui fut, en 2005, partisan du “oui” au référendum sur le traité constitutionnel européen. Il indique tout de même qu'il aurait peut-être une position moins fermée si son groupe était en position charnière à l'Assemblée nationale. « Je serais à la tête d'un groupe de 50 députés, on discuterait peut-être davantage… »

Le plus frappant est que de Rugy minimise lui-même la portée de ce traité auquel il s'oppose, dans lequel il ne voit que des « règles juridico-techniques derrière lesquelles on tente de masquer l'impuissance politique, alors que les temps appellent justement des choix politiques ». « Ce n'est ni un acte fondateur de l'Union européenne, ni un acte fondateur de politique française. Et je pense qu'il va être caduc avant même d'être appliqué car la réalité nous rattrapera », parie-t-il. Façon de suggérer que la dégradation de la situation risque d'être telle dans les mois à venir que les gouvernements, à commencer par la France, ne pourront de toutes façons pas tenir leurs engagements draconiens de réduction des déficits budgétaires.

Le ministre Pascal Canfin : « C'est un mauvais traité »
A la différence d'Eva Joly, les chefs de file des groupes parlementaires ne vont pas jusqu'à demander un référendum. « Je ne suis pas pour le fait référendaire car ce n'est pas si démocratique que cela », insiste Placé. « Si Pierre Laurent m'invite à la fête de l'Huma pour promouvoir un référendum sur le traité, je n'irai pas », ajoute de Rugy. Si la culture politique écologiste s'accommode mal des référendums, dont elle considère qu'ils dévient facilement en plébiscites et suscitent en général des réponses à des questions qui n'ont pas été posées, les écologistes savent surtout que l'issue d'un référendum risquerait d'être négative. Un crève-cœur pour ce parti profondément pro-européen et fédéraliste.

Si le débat est aussi vif entre les ténors du parti, c'est qu'il repose avec force la question du rôle des écologistes dans la majorité. « Il y a un enjeu de cohérence, soutient Jadot. Notre participation gouvernementale est une réalité, aussi dans les moments difficiles. Je ne comprendrais pas que l'Europe devienne une soupape de décompression, une façon de se refaire une virginité. » « Si les écologistes votent contre au Parlement, alors ils doivent logiquement voter contre le budget voté juste après qui traduira les orientations du traité », insiste l'eurodéputée Sandrine Bélier. Impensable pour les responsables des groupes au Sénat et à l'Assemblée nationale, qui s'estiment liés par la solidarité gouvernementale. A l'origine opposée au traité, Sandrine Bélier dit avoir évolué et finalement voté pour la résolution sur les conclusions du Conseil européen. Comme deux tiers des 55 eurodéputés verts. Parmi les 15 députés français, ils n'ont été pourtant que sept à avoir voté “oui”.

Reste qu'à Poitiers, les adhérents se passionnent peu pour le débat. « Les militants de base ne comprennent rien », déplore Akim Khoauchef, militant « de base » du Morbihan. « Beaucoup s'en foutent », confie un participant. Mais on assiste parfois à quelques discussions vives. Comme mercredi en milieu de journée, quand Yannick Jadot a exposé sa position sous une tente du campus. Claude Vilain, militant de Paris, interpelle alors l'eurodéputé. « Pour l'instant les militants n'ont pas droit à la parole ! C'est comme pour la participation au gouvernement : les militants ont été consultés au dernier moment, et on n'a jamais su quel était le rapport de force dans le parti, qui avait voté pour on contre. »

Opposant déclaré au traité, qu'il considère « dangereux économiquement et antidémocratique », Claude Vilain croit savoir que « parmi les militants favorables aux traités il n'y a que des élus, et surtout des eurodéputés ». Un bref dialogue débute. « Ce traité est le résultat d'un compromis européen et prend en compte la position de l'Allemagne », insiste Jadot. « Mais je ne veux pas pour mon pays les réformes sociales qu'il y a eu en Allemagne », rétorque Vilain. Jadot lui reproche des accents « souverainistes ». « C'est le CAC 40 qui est derrière tout ça », tranche un autre militant. « Je suis complètement tiraillée », explique, désolée, une militante bretonne.

Parmi les élus, beaucoup restent dans l'incertitude. Nouvelle élue à l'Assemblée nationale, Véronique Massonneau ne cache pas son embarras. « Je suis en pleine réflexion, pour de vrai. J'ai toujours du mal à me positionner. Pour l'instant, je suis entre le non et l'abstention, et très loin du “oui”. Je sais bien qu'il faut un traité, qu'il faut réduire la dette. Mais j'aimerais aussi avoir un certain nombre de garanties. » En votant oui, elle craint d'être « trop en distance avec ce qui se passe dans le territoire », notamment dans sa circonscription de Châtellerault, très touchée par la crise. Comme si le “oui” était surtout une position “hors-sol”, éloignée des réalités. « Je n'ai pas rencontré de militants qui sont pour le traité, dit-elle. Et dans ma circonscription, ce n'est pas du tout la préoccupation. »

Nouvelle députée elle aussi, la députée du Puy-de-Dôme, Danielle Auroi, présidente de la commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale, qui était très favorable à un vote positif en juillet au dire de ses collègues, est tout aussi chancelante. « Je suis très très hésitante, confie-t-elle. Il y a eu quelques avancées, notamment le fait qu'il n'y a pas besoin d'inscrire un chiffre dans la Constitution pour la règle d'or. Mais ce traité ne règle en rien les urgences sociales. » En septembre, elle pourrait bien s'abstenir. Comme plusieurs de ses collègues de l'Assemblée nationale et du Sénat.

A moins que tous ne décident de suivre la position qui sera prise par le parti. Jusqu'ici soucieuse de ménager les uns et les autres, la direction animée par Pascal Durand n'a pas encore pris position. Elle devrait toutefois être arrêtée le 22 janvier lors d'un conseil fédéral, quelques jours à peine avant la ratification au Parlement.

D'ici là, les pressions sur les députés et les sénateurs écologistes récalcitrants promettent d'être fortes. Le 5 septembre, le ministre des affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a invité les parlementaires à une rencontre. « Ayrault aimerait que le vote soit le plus large possible », note François de Rugy, élu de Loire-Atlantique, comme le premier ministre. Lors du débat de mercredi, c'est d'ailleurs le ministre écologiste du développement, Pascal Canfin, qui a « tenté une synthèse entre Eva et Dany». « Ce traité, personne ici ne le défend, a-t-il indiqué. C'est un mauvais traité pris tout seul. Mais y a-t-il de bonnes raisons de ne pas voter contre un mauvais traité ?» Et le ministre d'inciter ses collègues « parlementaires et le parti » à voter le traité, tout en faisant pression dans la majorité pour réorienter l'Europe avec des propositions concrètes.
Mathieu Magnaudeix







samedi 14 avril 2012

Eva Joly : Une Juste...

Eva Joly : «Sarkozy ne peut pas se cacher derrière le mépris qu'il a pour moi»

Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, le 10 avril 2012 à Hénin-Beaumont.
Eva Joly, candidate EELV à la présidentielle, le 10 avril 2012 à Hénin-Beaumont. (Photo Bertrand Guay. AFP)

La candidate d'Europe Ecologie-les Verts a répondu aux attaques malsaines de Nicolas Sarkozy

La candidate écologiste à la présidentielle, Eva Joly, s'est dite «sereine malgré toutes les difficultés» jeudi lors d'un meeting à Grenoble, répondant par ailleurs aux attaques du président Nicolas Sarkozy après ses déclarations de la veille à propos de l'affaire Bettencourt.

«Il ne peut pas se cacher derrière le mépris qu'il a pour moi. Cela ne suffit pas. Il va falloir qu'il s'explique sur la dizaine de témoins qui ont des témoignages concordants», a réagi à l'issue d'un meeting à Grenoble, la candidate EELV sous les cris de militants scandant: «Sarkozy en taule !».

Le président-candidat avait signifié un peu plus tôt sur France 2 qu'il opposait le «mépris le plus cinglant» aux accusations lancées par la candidate concernant un éventuel financement de sa campagne de 2007 par la milliardaire Liliane Bettencourt.

«La présomption d'innocence n'empêche pas les faits d'exister. Ce que je dis haut et fort c'est que dans une campagne, dans n'importe quel autre pays avec ce qu'il y a sur la table, il faudrait s'expliquer, il ne résisterait pas 24 heures. C'est la situation en France qui est parfaitement anormale», a-t-elle ajouté.

Devant quelque 2 500 militants enthousiastes, un record depuis le début de sa campagne, la candidate écologiste créditée d'environ 2% des votes, a tenté de remobiliser ses militants à dix jours du premier tour.

«Chacun veut décrire ma campagne comme un calvaire. On a même parlé de chemin de croix. Je ne dis pas qu'elle n'est pas difficile. Mais c'est quand les choses sont difficiles que nous devons nous battre sans baisser les bras (..) Et voyez vous, malgré toutes les difficultés, je suis sereine», a dit la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

«Je suis venue vous dire ce soir de ne pas perdre espoir. Même si les temps sont durs, durs pour le pays, et durs pour les écologistes», a déclaré en préambule la candidate, avant de se livrer à un discours en forme d'autocritique.

«Il est vrai que je peux être maladroite. Mais si je peux parfois chuter, j'ai appris à me relever», a ajouté la candidate, hospitalisée fin mars à la suite d'une chute dans l'escalier d'un cinéma parisien.

«On me reproche mon manque de charisme, et mon peu de goût pour les effets de tribune. Je ne crois pas que la politique doive d'abord s'adresser aux tripes. Parce que la crise que nous traversons est telle que nous avons d'abord besoin d'un sursaut de l'intelligence», a estimé l'ex-juge anti-corruption, avant d'ajouter que la politique «a besoin de vérité».

Se décrivant comme une femme en "recherche de justice", "une femme libre au service" de son pays, Eva Joly a plaidé jeudi pour une écologie synonyme de "défense continue de l'intérêt général contre la logique du profit à courte vue".

A Grenoble, la candidate est également revenue sur le discours prononcé dans cette ville l'été 2010 par Nicolas Sarkozy qui "déshonore la République". Un discours qui "stigmatise les Roms et au-delà l'immigration".

Enfin la candidate s'en est prise une nouvelle fois à "la gauche molle" et à la "gauche folle", faisant référence, sans les citer, à François Hollande et Jean-Luc Mélenchon.

samedi 24 mars 2012

L' Ecologie depuis toujours ...





A défaut d’en gagner, Eva Joly donne de la voix
Les Verts ont d’autant plus intérêt à faire entendre leur voix auprès du PS que la voix d’Eva Joly ne porte pas la campagne.
L’image de la candidate écologiste n’a pas progressé d’un iota en un an. Désignée candidate par les militants d’EELV et déjà en campagne depuis l’été, 22% des électeurs lui souhaitent un avenir politique, guère mieux qu’en décembre dernier (24%). L’image d’Eva Joly s’est déplacée vers la gauche où elle a progressé, au détriment de l’espace central où les écologistes pouvaient prétendre à des gains potentiels. Les intentions de vote enregistrées en faveur de la candidate sont modestes et tendent à refluer dans les enquêtes récentes, à 4,5% en recul de 1,5 points par exemple dans le dernier sondage Ifop/JDD, et même à moins dans d’autres sondages.
De son coté, le parti Europe Ecologie-Les Verts conserve une image favorable dans l’opinion mais a dilapidé l’immense capital acquis au lendemain des européennes de 2009. 67% des Français avaient alors une bonne opinion du parti. Mais en deux ans, sa cote a chuté de près de vingt points. Le parti a la même image aujourd’hui qu’à la veille de la présidentielle de 2007 qui avait été un échec.
Là réside le nœud de la situation actuelle. Les écologistes entendent négocier pied à pied avec les socialistes un accord de gouvernement et une alliance électorale pour les législatives sur la base d’un rapport de force daté. La présidentielle n’a jamais été favorable à ce courant politique, en témoignent les score des prédécesseurs d’Eva Joly. La crise a relégué la question du nucléaire que les écologistes espéraient voir figurer à l’agenda en surfant sur le drame de Fukushima. Enfin, l’appareil a tout misé sur Martine Aubry. Hollande peu favorable à la sortie programmée du nucléaire l’a emporté, installant un rapport de force programmatique et politique qui leur est défavorable.
Désormais, les écologistes cherchent à réparer une erreur stratégique originelle par un mouvement tactique de sauvegarde. L’erreur initiale d’annoncer leur intention de se reporter sur le candidat de gauche au second tour, ce qui a ouvert la place à la tentation du vote utile et amoindri leurs marges de manœuvres. Huit électeurs sur dix d’Eva Joly entendent voter Hollande au second tour.
Aussi, les Verts, doivent-ils faire monter les enchères. C’est un impératif politique pour sauvegarder ce qui peut encore l’être. En fixant faisant de la sortie du nucléaire la ligne rouge de tout accord avec le PS, en poussant le candidat Hollande à refuser tout "diktat", en suscitant le débat dans l’opinion, Eva Joly et Cécile Duflot dans une tactique concertée entendent revenir dans le jeu et se faire entendre alors que les écologistes sont quelque peu atones en ce moment. Au risque de subir un procès en irresponsabilité dont ils sont coutumiers. Mais au bénéfice d’attirer l’attention médiatique et politique. Et espérer inverser la tendance dont on sait qu’elle n’est jamais inscrite dans le marbre si longtemps avant le scrutin.
Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste opinion publique pour le Nouvel Observateur

Eva Joly au Mirail : « des vrais mots, des vrais gens, des vrais problèmes »
Pas de meeting mais un échange avec « des vrais mots, des vrais gens, des vrais problèmes. » Pour son passage à Toulouse, Eva Joly a choisi une rencontre à la maison des chômeurs du Mirail. Alors que les intentions de vote stagnent à un petit 3%, l’ancienne juge d’instruction continue de privilégier les petits comités et compte sur le réseau des élus EELV locaux, qu’elle a rencontré plus tôt dans la journée.
« L’écologie n’est pas qu’un problème de riches »
Il neige devant la maison des chômeurs non loin du métro de la Reynerie. Au pied de la barre, les militants Verts commentent une actualité pour le moment peu favorable à leurs couleurs. « On nous juge sur la forme et pas sur le fond », peut-on entendre aux côtés de commentaires acerbes sur des sondages estimés trop sévères. En revanche, pas une critique concernant la stratégie adoptée par la candidate censée être désormais épaulée par les cadres d’EELV. Et à Toulouse, Eva Joly voyage en binôme. A ses côtés, Dominique Voynet, elle-même ancienne candidate à la présidentielle en 2007. « Il y a une certaine solitude à être candidate à la présidentielle », avoue Eva Joly. « Dominique me fait partager son expérience de femme candidate. » Voilà pour la forme.
« On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière», Dominique Voynet
A contrario, côté auditoire, on se penche plutôt sur le fond et c’est bien sûr le thème de l’emploi qui motive le principal des sollicitations. Sur le sujet, la candidate a sa feuille de route : « 400 000 emplois verts » induits par un grand plan de rénovation de logement. Car dans un quartier réputé difficile, les habitations « sont des passoires énergétiques », explique la candidate pour qui « l’écologie n’est pas qu’un problème de riches. »
Sarkozy et l’Allemagne
Mais de son propre aveu, ce ne sera pas suffisant pour absorber les quatre millions de chômeurs que compte le pays. « Il faut partager davantage le travail. Inciter les entreprises à réduire le temps de travail, ça créé 10% d’emploi », ajoute la candidate. Une idée précisée par Dominique Voynet : « On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière. » A l’instar de Nicolas Sarkozy, le voisin allemand est invoqué : « Il faut remettre l’homme au centre de l’économie et plus seulement le bénéfice. Comme en Allemagne, je propose de donner 50% des sièges des conseils d’administration aux salariés. » Mais la comparaison avec le président sortant s’arrête là : « Sarkozy choisit en Allemagne les exemples qui lui conviennent. Il oublie de préciser que là-bas, les loyers sont encadrés et que la sortie du nucléaire est engagée. »
« Moi, j’ai la haine de soi, je ne sais plus où j’en suis »
Pour l’instant grande absente de la campagne, la thématique des « banlieues » et de l’intégration n’en est pas moins présente dans les débats. Un habitant d’origine maghrébine intervient : « Je ne sais plus où j’en suis, entre mes origines, et ma citoyenneté française. Je suis français et pourtant mes racines me culpabilisent. » Visiblement touchée par le témoignage, Eva Joly dresse son état des lieux : « Je sens une violence dans la société, une volonté de retourner au clocher. Pour les communautés, il est intériorisé qu’on doit vivre mieux en se faisant petit. » La faute à des « semeurs de haine », Marine Le Pen en tête : « Elle n’est qu’une héritière, celle de son père. Nous avons vu son vrai visage à Vienne où elle est allée non pas pour danser la valse, mais bien rencontrer ses amis nazis.» Avec 20% d’intentions de vote depuis de longs mois, ce constat « d’intériorisation » des thèses du Front National ne semble pas dénué de tous fondements. Un pari loin d’être gagné pour les idées écologistes qui continuent de « tracer un sillon original » mais parfois ingrat pour Dominique Voynet : « Le Front de Gauche vient d’apprendre l’expression isolation thermique et parle de sortie de nucléaire. Ce sont des sujets que nous portons depuis très longtemps. Mais nous, nous ne sommes pas ambigus. » «Nous allons gagner les élections, conclut Eva Joly. Peut-être pas maintenant, mais en 2022″.

Laissez-moi vous présenter Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle en France.
Aujourd’hui, je vous présente quelqu’un.
Éva Joly est la candidate d’Europe Écologie les Verts suite au plébiscite de sa candidature à la primaire écologiste (à 64 voix près, elle l’emportait dès le premier tour). Ancienne juge d’instruction, elle est connue pour avoir traité le dossier Elf (une grosse affaire de corruption, financement illégal de parti politique, emplois fictifs, détournement de fonds…). En revanche, la majorité des gens ignorent qu’elle a également fondé « Network », un réseau privé de juges et d’enquêteurs engagés dans la lutte contre la corruption. En 2009, elle est appelée auprès du gouvernement islandais comme conseillère dans la lutte anti-corruption. Elle écrit de nombreux essais engagés (La force qui nous manque, des Héros ordinaires, les yeux de Lira, Sans tricher, La grande évasion…).
Pour la présenter, trois adjectifs me viennent à l’esprit : courage, franchise, intégrité. Évidemment, cela détonne dans le paysage politique français. Elle est traînée dans la boue à grands renforts de sondages et de « les Français vous reprochent… » par les médias hexagonaux. On monte en épingle des polémiques insignifiantes, car Éva Joly n’a pas la langue dans sa poche. On lui oppose ainsi qu’elle n’aimerait pas la France (1), on lui reproche son accent, ses tenues négligées, ses lunettes kitch, on fulmine qu’elle n’aurait pas légitimité à se présenter (ah bon ?) parce qu’elle a la double nationalité, parce qu’elle est jeune en politique, parce qu’elle se serait trompée de parti, etc. (2)
Les journalistes les plus tendres qualifient Éva Joly d’ « atypique ». Vue la norme actuelle dans le paysage politique français, « atypique » sonne à mon oreille comme un merveilleux compliment. Je voudrais que vous preniez le temps de lire les liens suivants pour vous forger votre propre opinion, loin du matraquage des médias.
C’est important pour moi car une personnalité politique de cette qualité, je crains qu’il se passe un bon quart de siècle avant qu’avec de la chance, il en émerge une autre…
Commençons de façon logique, par son Site de campagne.
Ensuite, puisque l’on est sur un forum féministe, comment Éva Joly réagit-elle quand on lui expose les chiffres éloquents du retard d’égalité de la France ? C’est sur Terrafemina.
Elle me plaît d’autant plus que la concurrence est faible.
A gauche, François Hollande se moque éperdument des droits des femmes, qui font l’objet d’un ou deux brefs paragraphes dans son programme. De toute façon, depuis l’affaire DSK, ma confiance dans un parti qui le pressentait comme son champion, tout en connaissant les plaintes déposées contre lui, s’est sérieusement effritée.
A droite, si l’UMP redouble de lois d’annonce en matière d’égalité, elle les prive aussitôt d’effet (avec des dates d’application reportée en 2018 ou plus, des sanctions inexistantes « définies ultérieurement par décret », etc.). Concrètement, aucune de ces lois n’a pour le moment démontrer la moindre efficacité, et pour cause.
En attendant, les politiques d’austérité frappent plus sévèrement les femmes et le ministère aux droits des femmes a été supprimé. Par ailleurs, l’UMP paie une amende énorme chaque année faute de parvenir à assurer la parité dans ses rangs.
Quant à la question du voile, si je suis favorable dans une certaine mesure au dispositif, l’objectif est très clairement d’instrumentaliser la question pour offrir une tribune au racisme à des fins électorales. Résultat, après un quinquennat de cet amalgame nauséabond, les gens ont définitivement associé le port du voile à la liberté religieuse et l’intégration des communautés musulmanes. Il n’est plus possible aujourd’hui de déplacer le débat sur le terrain de l’émancipation des femmes et de leur accès à la République.
Contrairement à la droite hypocrite et la gauche qui s’en fout, Éva Joly est crédible sur le plan de la défense des droits des femmes.
Sur Rue 89, je vous propose de vous attarder sur les questions en direct des Internautes. Éva Joly répond en temps réel, voici une de ses réponses concernant la fiscalité des hauts revenus. Contrairement à Hollande(3), elle n’a pas besoin qu’on lui écrive ses discours pour réagir, et elle comprend la fiscalité.
Ce qui m’a frappée dans cette réponse d’Éva Joly, c’est son extrême franchise. Elle ne cherche pas à séduire mais explique ses idées, quitte à heurter son interlocuteur : regardez comme elle rectifie l’assertion de l’internaute qui lui reproche de vouloir établir un taux d’imposition confiscatoire à 50 % en lui rappelant que le taux qu’elle propose est de 70 % ! Je n’avais jamais vu un(e) politicien(ne) agir ainsi !
En outre, belle démonstration de sa compétence en matière fiscale. Elle explique que l’impôt sur le revenu (« IRPP ») frappe les revenus quelle que soit leur origine ; que les plus hauts revenus sont essentiellement composés de revenus du capital et non du travail ; et qu’au demeurant, au-delà d’un certain seuil, il y a dissociation entre la valeur ajoutée du travail et le revenu qui y est associé (primes exceptionnelles, parachutes dorés, etc.). Elle continue en expliquant que les niches fiscales, qui sont en passe d’être diabolisées, sont un des derniers leviers restant au niveau national pour orienter l’investissement et agir sur l’économie, puisque l’Europe empêche une micro-gestion budgétaire ou monétaire. C’est rare, un(e) présidentiable capable d’argumenter sur la fiscalité sans un conseiller pour lui souffler les réponses ou un discours à lire.
Sur Bondy-Blog et On n’est pas couché, Éva Joly reste calme et convainc en dépit du climat fortement hostile auquel elle est confrontée(4).
J’aime sa réplique « moi, je veux parler à l’intelligence des Français » qui en dit long sur un contexte politique où l’on utilise la rancœur (Hollande dont le programme consiste à dénigrer Sarkozy), le bouc-émissariat (Sarkozy) ou la peur pour gagner des voix. Éva Joly refuse de se mettre à ce niveau.
J’aime sa position sur l’Europe : on a tout à perdre si l’on détruit l’Europe, mais il faut changer d’Europe. Aujourd’hui, elle est ultralibérale. C’est en votant massivement – de façon directe au Parlement européen, indirecte via les élections présidentielles qui forment le Conseil de l’Europe – qu’on parviendra à changer la donne.
Je ne peux qu’abonder puisque à l’échelle d’un pays, on a prouvé que les acteurs économiques avaient plus de pouvoir que l’État (l’État obligé de renflouer les banques pour les sauver du dépôt de bilan en 2008, alors qu’elles ont engendré la crise des subprimes, et le marasme économique qui s’ensuit jusqu’à aujourd’hui). A l’échelle d’un pays, impossible de lutter contre la concurrence fiscale et la délocalisation des riches (personnes physiques et morales, i.e. les entreprises) : c’est pourquoi l’impôt est dégressif, les grandes entreprises étant imposées autour de 8 %, les PME à plus de 33 % ! A l’échelle d’un pays enfin, impossible de conserver un marché de l’emploi protecteur pour les salariés, quand les entreprises n’ont qu’à se délocaliser juste à côté pour que le coût du travail soit divisé par deux.
La solution des libéraux, c’est la dérégulation, en d’autres termes la destruction progressive de tous les acquis sociaux. La solution d’Éva Joly, c’est l’harmonisation européenne (une Europe fédérale) comme prérequis indispensable pour que disparaisse la concurrence entre pays (ce qu’on appelle la « compétitivité ») avant qu’on n’assiste à une paupérisation de 90 % de la population au profit des élites.

Voilà, je voulais vous présenter ma candidate.
Une écologiste fortement marquée à gauche, pro-européenne mais dans une perspective plus fédérale et moins libérale, très sensible aux questions sociales, économiques et fiscales, compétente et intègre.
Et quelle femme ! Immigrée à 18 ans pour suivre l’homme qu’elle aimait, juge d’instruction incorruptible et redoutée, infatigable adversaire du blanchiment d’argent et des paradis fiscaux, auteure prolifique. Même pour les québécois(e)s qui ne viendront pas voter en France, il fallait que je vous la présente. Pour les autres visiteuses françaises du site, si je peux lui avoir fait gagner quelques voix, je me sentirais utile.
NOTES :
(1) Cette polémique remonte à la proposition d’Éva Joly de remplacer le défilé militaire du 14 juillet, date de la prise de la Bastille et fête nationale française, par un défilé citoyen. Une autre de ses propositions ayant fait polémique est d’avoir proposé de substituer, pour les membres des autres religions en faisant la demande auprès de leur entreprise, la fête chrétienne de Noël par un jour férié à la date de leur fête religieuse.
Qu’on soit pour ou contre ces mesures, et j’y suis plutôt favorable quoique la seconde me semble un rien délicate à mettre en place, honnêtement… Quelle importance ! Les enjeux de cette décennie ne sont pas là ! Mais ces propositions, aussi anodines soient-elles, touchent aux symboles. Or les gens ont peur quand on touche à leurs symboles, fût-ce pour les embellir. Les médias se sont donc rués sur ces propositions clivantes pour nier à Éva Joly la légitimité de se présenter aux présidentielles.
(2) Son programme est fortement marqué à gauche et structuré autour d’enjeux économiques. Moi je dirais que c’est plutôt une chance, qu’elle soit si imprégnée d’économie, de fiscalité, d’enjeux sociaux et si au fait des jeux de pouvoirs. Mais il paraît que c’est un handicap car ce n’est pas le terrain de prédilection des Verts, on lui reproche donc d’oublier l’écologie dans sa campagne.
(3) Petit coup de croc parce que la volte-face paniquée de François Hollande sur la substitution d’un crédit d’impôt au système français du quotient familial, que son équipe de campagne avait suggérée, et qui serait une avancée en terme de justice sociale, m’a franchement exaspérée. Je n’aime pas quand un candidat ne comprend pas son propre programme !
(4) En passant, je dénonce l’acharnement des journalistes, dont l’agressivité panurgienne (elle est basse dans les sondages, on peut se lâcher !) me semble le comble de la bêtise. D’autant que leur propension mauvaise à tenter de coincer Éva Joly porte systématiquement sur des points futiles, car ils alimentent les polémiques inutiles et parasites (en France, on a l’expression « une tempête dans un verre d’eau » qui qualifie bien ce type de polémiques). Par exemple, ils essaient de démontrer qu’Éva Joly n’aimerait pas la France, ou que Nicolas Hulot lui ferait défaut dans sa campagne.
Je déplore également le « lissage » du discours d’Éva Joly. Cet aspect plus suave est très récent. Il m’attriste en particulier quand le journaliste nous sert l’habituelle amalgame entre liberté de religion et oppression des femmes au nom de la religion. On sent qu’Éva Joly n’est pas sincère à ce moment-là. Elle a une pointe de franchise en parlant du rap. On lui a bien fait la leçon, c’est dommage.
Les experts en communication de son parti ont d’ailleurs décidé de lui ôter ses lunettes, de la permanenter et de l’engoncer dans un tailleur BCBG. Il faut dire que des personnalités politiques (Nadine Morano notamment, UMP) l’ont accusée de reculer dans les sondages parce qu’elle était moche et avait trop d’accent ! Je vous laisse juger.
Sabrina, Correspondances libres, furieuses et joyeuses entre jeunes féministes
http://www.jesuisfeministe.com/?p=4613

lundi 19 décembre 2011


Les écologistes valident leur projet et leurs candidats aux législatives

Le conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a validé dimanche 18 décembre son projet pour la présidentielle et voté les investitures de ses candidats pour les législatives, se mettant en ordre de marche pour 2012.

Le scénario sur les candidatures a été largement validé en début d'après-midi après un débat à huis clos, à près de 67 % (87 pour, 34 contre, 7 blanc, 1 n'ayant pas pris part au vote). Pour 2012, les écologistes bénéficient d'un accord très favorable conclu avec le PS leur réservant une soixantaine de circonscriptions, dont 15 à 30 gagnables.

CÉCILE DUFLOT INVESTIE À PARIS

Les trois députés sortants, Noël Mamère (Gironde), François de Rugy (Loire-Atlantique) et Anny Poursinoff (Yvelines), ont sans surprise été investis. De même que Cécile Duflot dans la 6e circonscription de Paris, et Philippe Meirieu, président du Conseil fédéral, à Lyon, où les socialistes locaux digèrent mal l'accord PS-EELV.

Dans la 10e circonscription de la capitale, l'élu parisien Denis Baupin a été préféré à la trésorière du parti, Eva Sas, qui a, elle, été investie dans l'Essonne. Membres d'EELV, l'ex-socialiste Lucile Schmid sera bien candidate dans les Hauts-de-Seine et l'ex-PCF Stéphane Gatignon en Seine-Saint-Denis où leur présence fait aussi grincer des dents leurs anciens collègues.

Autres personnalités d'EELV sur des circonscriptions réservées, Sergio Coronado, directeur de communication d'Eva Joly, se présentera pour les Français de l'étranger, Jean-Marc Brûlé, ex-secrétaire national adjoint aux élections, en Seine-et-Marne, ou encore Jean-Louis Roumégas, ancien porte-parole des Verts, dans l'Hérault.

Sur les circonscriptions non réservées par le PS, Marie Bové fille de José Bové, dont la candidature avait été refusée par les militants locaux, ne sera pas investie à Bordeaux.

Reste à régler la question des Bouches-du-Rhône où les militants EELV contestent le choix d'investir des proches de Jean-Noël Guérini côté socialiste et refusent l'accord PS leur donnant trois circonscriptions difficiles. Une délégation parisienne PS-EELV doit se rendre sur place mi-janvier.

LE PROJET POUR 2012 FORMELLEMENT VALIDÉ

Un peu plus tôt, le projet pour 2012 avait également été formellement validé à la quasi-unanimité (93 pour, 1 contre et 3 blanc), au lendemain de l'Agora d'EELV (délégués du parti et des "coopérateurs"), a indiqué Sandrine Rousseau, chargée du programme au Bureau exécutif qui sera elle candidate aux législatives dans le Nord.

Il servira de "boussole" pour le "contrat écologique pour la République" de la candidate à la présidentielle Eva Joly présenté le 11 février prochain à Roubaix (Nord).

Eva Joly fait appel à Voynet et Bové pour renforcer son équipe de campagne

L'équipe de campagne d'Eva Joly, rendue publique cet après-midi, est d'ores et déjà surnommée «la Ruche». Objectif : essaimer et polliniser. Et se professionnaliser. Après d'ultimes arbitrages effectués par la candidate écologiste à la présidentielle, de retour d'un déplacement à La Réunion, l'organigramme est bouclé.

Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie –Les Verts à la présidentielle, a présenté jeudi 1er décembre son équipe de campagne. Aux postes très exposés de porte-parole, la candidate a choisi des personnalités expérimentées : José Bové et Dominique Voynet, qui ont tous deux été candidats à l'élection présidentielle de 2007, l'euro-députée Michèle Rivasi, spécialiste du nucléaire, fondatrice du laboratoire indépendant CRIIRAD, ainsi que Sergio Coronado, qui cumule le poste de porte-parole et celui de directeur de la stratégie et de la communication. Elle a également souhaité faire entre à ses côtés des jeunes dont elle est proche, à savoir l'euro-députée Karima Delli et et le conseiller régional d'Ile-de-France Julien Bayou.

Deux principes ont guidé la candidate : rassembler, ne pas "couper des têtes", ce qui signifie pacifier les relations avec ceux qui ont critiqué ses prises de position, et faire monter auprès d'elle ceux qui ont depuis longtemps toute sa confiance. Yannick Jadot, qui avait annoncé sa démission du poste de porte-parole la semaine dernière, devrait donc rester dans l'équipe de campagne.

Le comité politique serait animé par un tandem Noël Mamère-Cécile Duflot, une façon habile d'empêcher le maire de Bègles de devenir porte-parole et de prendre trop la lumière. En feront également partie, Denis Baupin, conseiller de Paris, le député de Loire-Atlantique François de Rugy, et la députée européenne Hélène Flautre.

Stéphane Sitbon, un très proche de Cécile Duflot, déjà co-directeur de campagne avec Sergio Coronado, conserverait ce poste mais l'assumerait seul. Enfin, Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social, rejoint l'équipe d'Eva Joly pour s'occuper du volet social de la campagne. Une belle prise pour la candidate : "Je suis heureuse d'avoir toute la famille écologiste réunie derrière moi", a lancé Mme Joly, soucieuse d'afficher à nouveau le soutien de l'ensemble du parti EELV.

La présence de Cécile Duflot et de Noël Mamère (lequel s'était montré très critique sur le pilonage du PS) permet à la candidate d'afficher un soutien sans faille du mouvement Europe Ecologie les Verts. «L'équipe se socialise et se professionnalise, assure un proche de Joly. Il y a tout le monde. Et chacun a fait preuve de responsabilité. La séquence de la semaine dernière a fait peur à tout le monde.»

APL-MCD