
A défaut d’en gagner, Eva Joly donne de la voix
Les Verts ont d’autant plus intérêt à faire entendre leur voix auprès du PS que la voix d’Eva Joly ne porte pas la campagne.
L’image de la candidate écologiste n’a pas progressé d’un iota en un an. Désignée candidate par les militants d’EELV et déjà en campagne depuis l’été, 22% des électeurs lui souhaitent un avenir politique, guère mieux qu’en décembre dernier (24%). L’image d’Eva Joly s’est déplacée vers la gauche où elle a progressé, au détriment de l’espace central où les écologistes pouvaient prétendre à des gains potentiels. Les intentions de vote enregistrées en faveur de la candidate sont modestes et tendent à refluer dans les enquêtes récentes, à 4,5% en recul de 1,5 points par exemple dans le dernier sondage Ifop/JDD, et même à moins dans d’autres sondages.
De son coté, le parti Europe Ecologie-Les Verts conserve une image favorable dans l’opinion mais a dilapidé l’immense capital acquis au lendemain des européennes de 2009. 67% des Français avaient alors une bonne opinion du parti. Mais en deux ans, sa cote a chuté de près de vingt points. Le parti a la même image aujourd’hui qu’à la veille de la présidentielle de 2007 qui avait été un échec.
Là réside le nœud de la situation actuelle. Les écologistes entendent négocier pied à pied avec les socialistes un accord de gouvernement et une alliance électorale pour les législatives sur la base d’un rapport de force daté. La présidentielle n’a jamais été favorable à ce courant politique, en témoignent les score des prédécesseurs d’Eva Joly. La crise a relégué la question du nucléaire que les écologistes espéraient voir figurer à l’agenda en surfant sur le drame de Fukushima. Enfin, l’appareil a tout misé sur Martine Aubry. Hollande peu favorable à la sortie programmée du nucléaire l’a emporté, installant un rapport de force programmatique et politique qui leur est défavorable.
Désormais, les écologistes cherchent à réparer une erreur stratégique originelle par un mouvement tactique de sauvegarde. L’erreur initiale d’annoncer leur intention de se reporter sur le candidat de gauche au second tour, ce qui a ouvert la place à la tentation du vote utile et amoindri leurs marges de manœuvres. Huit électeurs sur dix d’Eva Joly entendent voter Hollande au second tour.
Aussi, les Verts, doivent-ils faire monter les enchères. C’est un impératif politique pour sauvegarder
ce qui peut encore l’être. En fixant faisant de la sortie du nucléaire la ligne rouge de tout accord avec le PS, en poussant le candidat Hollande à refuser tout "diktat", en suscitant le débat dans l’opinion, Eva Joly et Cécile Duflot dans une tactique concertée entendent revenir dans le jeu et se faire entendre alors que les écologistes sont quelque peu atones en ce moment. Au risque de subir un procès en irresponsabilité dont ils sont coutumiers. Mais au bénéfice d’attirer l’attention médiatique et politique. Et espérer inverser la tendance dont on sait qu’elle n’est jamais inscrite dans le marbre si longtemps avant le scrutin.
Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste opinion publique pour le Nouvel Observateur
Les Verts ont d’autant plus intérêt à faire entendre leur voix auprès du PS que la voix d’Eva Joly ne porte pas la campagne.
L’image de la candidate écologiste n’a pas progressé d’un iota en un an. Désignée candidate par les militants d’EELV et déjà en campagne depuis l’été, 22% des électeurs lui souhaitent un avenir politique, guère mieux qu’en décembre dernier (24%). L’image d’Eva Joly s’est déplacée vers la gauche où elle a progressé, au détriment de l’espace central où les écologistes pouvaient prétendre à des gains potentiels. Les intentions de vote enregistrées en faveur de la candidate sont modestes et tendent à refluer dans les enquêtes récentes, à 4,5% en recul de 1,5 points par exemple dans le dernier sondage Ifop/JDD, et même à moins dans d’autres sondages.
De son coté, le parti Europe Ecologie-Les Verts conserve une image favorable dans l’opinion mais a dilapidé l’immense capital acquis au lendemain des européennes de 2009. 67% des Français avaient alors une bonne opinion du parti. Mais en deux ans, sa cote a chuté de près de vingt points. Le parti a la même image aujourd’hui qu’à la veille de la présidentielle de 2007 qui avait été un échec.
Là réside le nœud de la situation actuelle. Les écologistes entendent négocier pied à pied avec les socialistes un accord de gouvernement et une alliance électorale pour les législatives sur la base d’un rapport de force daté. La présidentielle n’a jamais été favorable à ce courant politique, en témoignent les score des prédécesseurs d’Eva Joly. La crise a relégué la question du nucléaire que les écologistes espéraient voir figurer à l’agenda en surfant sur le drame de Fukushima. Enfin, l’appareil a tout misé sur Martine Aubry. Hollande peu favorable à la sortie programmée du nucléaire l’a emporté, installant un rapport de force programmatique et politique qui leur est défavorable.
Désormais, les écologistes cherchent à réparer une erreur stratégique originelle par un mouvement tactique de sauvegarde. L’erreur initiale d’annoncer leur intention de se reporter sur le candidat de gauche au second tour, ce qui a ouvert la place à la tentation du vote utile et amoindri leurs marges de manœuvres. Huit électeurs sur dix d’Eva Joly entendent voter Hollande au second tour.
Aussi, les Verts, doivent-ils faire monter les enchères. C’est un impératif politique pour sauvegarder
ce qui peut encore l’être. En fixant faisant de la sortie du nucléaire la ligne rouge de tout accord avec le PS, en poussant le candidat Hollande à refuser tout "diktat", en suscitant le débat dans l’opinion, Eva Joly et Cécile Duflot dans une tactique concertée entendent revenir dans le jeu et se faire entendre alors que les écologistes sont quelque peu atones en ce moment. Au risque de subir un procès en irresponsabilité dont ils sont coutumiers. Mais au bénéfice d’attirer l’attention médiatique et politique. Et espérer inverser la tendance dont on sait qu’elle n’est jamais inscrite dans le marbre si longtemps avant le scrutin.Philippe Chriqui, analyste politique et spécialiste opinion publique pour le Nouvel Observateur
Eva Joly au Mirail : « des vrais mots, des vrais gens, des vrais problèmes »
Pas de meeting mais un échange avec « des vrais mots, des vrais gens, des vrais problèmes. » Pour son passage à Toulouse, Eva Joly a choisi une rencontre à la maison des chômeurs du Mirail. Alors que les intentions de vote stagnent à un petit 3%, l’ancienne juge d’instruction continue de privilégier les petits comités et compte sur le réseau des élus EELV locaux, qu’elle a rencontré plus tôt dans la journée.
« L’écologie n’est pas qu’un problème de riches »
Il neige devant la maison des chômeurs non loin du métro de la Reynerie. Au pied de la barre, les militants Verts commentent une actualité pour le moment peu favorable à leurs couleurs. « On nous juge sur la forme et pas sur le fond », peut-on entendre aux côtés de commentaires acerbes sur des sondages estimés trop sévères. En revanche, pas une critique concernant la stratégie adoptée par la candidate censée être désormais épaulée par les cadres d’EELV. Et à Toulouse, Eva Joly voyage en binôme. A ses côtés, Dominique Voynet, elle-même ancienne candidate à la présidentielle en 2007. « Il y a une certaine solitude à être candidate à la présidentielle », avoue Eva Joly. « Dominique me fait partager son expérience de femme candidate. » Voilà pour la forme.
« On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière», Dominique Voynet
A contrario, côté auditoire, on se penche plutôt sur le fond et c’est bien sûr le thème de l’emploi qui motive le principal des sollicitations. Sur le sujet, la candidate a sa feuille de route : « 400 000 emplois verts » induits par un grand plan de rénovation de logement. Car dans un quartier réputé difficile, les habitations « sont des passoires énergétiques », explique la candidate pour qui « l’écologie n’est pas qu’un problème de riches. »
Sarkozy et l’Allemagne
Mais de son propre aveu, ce ne sera pas suffisant pour absorber les quatre millions de chômeurs que compte le pays. « Il faut partager davantage le travail. Inciter les entreprises à réduire le temps de travail, ça créé 10% d’emploi », ajoute la candidate. Une idée précisée par Dominique Voynet : « On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière. » A l’instar de Nicolas Sarkozy, le voisin allemand est invoqué : « Il faut remettre l’homme au centre de l’économie et plus seulement le bénéfice. Comme en Allemagne, je propose de donner 50% des sièges des conseils d’administration aux salariés. » Mais la comparaison avec le président sortant s’arrête là : « Sarkozy choisit en Allemagne les exemples qui lui conviennent. Il oublie de préciser que là-bas, les loyers sont encadrés et que la sortie du nucléaire est engagée. »
« Moi, j’ai la haine de soi, je ne sais plus où j’en suis »
Pour l’instant grande absente de la campagne, la thématique des « banlieues » et de l’intégration n’en est pas moins présente dans les débats. Un habitant d’origine maghrébine intervient : « Je n
e sais plus où j’en suis, entre mes origines, et ma citoyenneté française. Je suis français et pourtant mes racines me culpabilisent. » Visiblement touchée par le témoignage, Eva Joly dresse son état des lieux : « Je sens une violence dans la société, une volonté de retourner au clocher. Pour les communautés, il est intériorisé qu’on doit vivre mieux en se faisant petit. » La faute à des « semeurs de haine », Marine Le Pen en tête : « Elle n’est qu’une héritière, celle de son père. Nous avons vu son vrai visage à Vienne où elle est allée non pas pour danser la valse, mais bien rencontrer ses amis nazis.» Avec 20% d’intentions de vote depuis de longs mois, ce constat « d’intériorisation » des thèses du Front National ne semble pas dénué de tous fondements. Un pari loin d’être gagné pour les idées écologistes qui continuent de « tracer un sillon original » mais parfois ingrat pour Dominique Voynet : « Le Front de Gauche vient d’apprendre l’expression isolation thermique et parle de sortie de nucléaire. Ce sont des sujets que nous portons depuis très longtemps. Mais nous, nous ne sommes pas ambigus. » «Nous allons gagner les élections, conclut Eva Joly. Peut-être pas maintenant, mais en 2022″.
Laissez-moi vous présenter Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle en France.
Aujourd’hui, je vous présente quelqu’un.
Éva Joly est la candidate d’Europe Écologie les Verts suite au plébiscite de sa candidature à la primaire écologiste (à 64 voix près, elle l’emportait dès le premier tour). Ancienne juge d’instruction, elle est connue pour avoir traité le dossier Elf (une grosse affaire de corruption, financement illégal de parti politique, emplois fictifs, détournement de fonds…). En revanche, la majorité des gens ignorent qu’elle a également fondé « Network », un réseau privé de juges et d’enquêteurs engagés dans la lutte contre la corruption. En 2009, elle est appelée auprès du gouvernement islandais comme conseillère dans la lutte anti-corruption. Elle écrit de nombreux essais engagés (La force qui nous manque, des Héros ordinaires, les yeux de Lira, Sans tricher, La grande évasion…).
Pour la présenter, trois adjectifs me viennent à l’esprit : courage, franchise, intégrité. Évidemment, cela détonne dans le paysage politique français. Elle est traînée dans la boue à grands renforts de sondages et de « les Français vous reprochent… » par les médias hexagonaux. On monte en épingle des polémiques insignifiantes, car Éva Joly n’a pas la langue dans sa poche. On lui oppose ainsi qu’elle n’aimerait pas la France (1), on lui reproche son accent, ses tenues négligées, ses lunettes kitch, on fulmine qu’elle n’aurait pas légitimité à se présenter (ah bon ?) parce qu’elle a la double nationalité, parce qu’elle est jeune en politique, parce qu’elle se serait trompée de parti, etc. (2)
Les journalistes les plus tendres qualifient Éva Joly d’ « atypique ». Vue la norme actuelle dans le paysage politique français, « atypique » sonne à mon oreille comme un merveilleux compliment. Je voudrais que vous preniez le temps de lire les liens suivants pour vous forger votre propre opinion, loin du matraquage des médias.
C’est important pour moi car une personnalité politique de cette qualité, je crains qu’il se passe un bon quart de siècle avant qu’avec de la chance, il en émerge une autre…
Commençons de façon logique, par son Site de campagne.
Ensuite, puisque l’on est sur un forum féministe, comment Éva Joly réagit-elle quand on lui expose les chiffres éloquents du retard d’égalité de la France ? C’est sur Terrafemina.
Elle me plaît d’autant plus que la concurrence est faible.
A gauche, François Hollande se moque éperdument des droits des femmes, qui font l’objet d’un ou deux brefs paragraphes dans son programme. De toute façon, depuis l’affaire DSK, ma confiance dans un parti qui le pressentait comme son champion, tout en connaissant les plaintes déposées contre lui, s’est sérieusement effritée.
A droite, si l’UMP redouble de lois d’annonce en matière d’égalité, elle les prive aussitôt d’effet (avec des dates d’application reportée en 2018 ou plus, des sanctions inexistantes « définies ultérieurement par décret », etc.). Concrètement, aucune de ces lois n’a pour le moment démontrer la moindre efficacité, et pour cause.
En attendant, les politiques d’austérité frappent plus sévèrement les femmes et le ministère aux droits des femmes a été supprimé. Par ailleurs, l’UMP paie une amende énorme chaque année faute de parvenir à assurer la parité dans ses rangs.
Quant à la question du voile, si je suis favorable dans une certaine mesure au dispositif, l’objectif est très clairement d’instrumentaliser la question pour offrir une tribune au racisme à des fins électorales. Résultat, après un quinquennat de cet amalgame nauséabond, les gens ont définitivement associé le port du voile à la liberté religieuse et l’intégration des communautés musulmanes. Il n’est plus possible aujourd’hui de déplacer le débat sur le terrain de l’émancipation des femmes et de leur accès à la République.
Contrairement à la droite hypocrite et la gauche qui s’en fout, Éva Joly est crédible sur le plan de la défense des droits des femmes.
Sur Rue 89, je vous propose de vous attarder sur les questions en direct des Internautes. Éva Joly répond en temps réel, voici une de ses réponses concernant la fiscalité des hauts revenus. Contrairement à Hollande(3), elle n’a pas besoin qu’on lui écrive ses discours pour réagir, et elle comprend la fiscalité.
Ce qui m’a frappée dans cette réponse d’Éva Joly, c’est son extrême franchise. Elle ne cherche pas à séduire mais explique ses idées, quitte à heurter son interlocuteur : regardez comme elle rectifie l’assertion de l’internaute qui lui reproche de vouloir établir un taux d’imposition confiscatoire à 50 % en lui rappelant que le taux qu’elle propose est de 70 % ! Je n’avais jamais vu un(e) politicien(ne) agir ainsi !
En outre, belle démonstration de sa compétence en matière fiscale. Elle explique que l’impôt sur le revenu (« IRPP ») frappe les revenus quelle que soit leur origine ; que les plus hauts revenus sont essentiellement composés de revenus du capital et non du travail ; et qu’au demeurant, au-delà d’un certain seuil, il y a dissociation entre la valeur ajoutée du travail et le revenu qui y est associé (primes exceptionnelles, parachutes dorés, etc.). Elle continue en expliquant que les niches fiscales, qui sont en passe d’être diabolisées, sont un des derniers leviers restant au niveau national pour orienter l’investissement et agir sur l’économie, puisque l’Europe empêche une micro-gestion budgétaire ou monétaire. C’est rare, un(e) présidentiable capable d’argumenter sur la fiscalité sans un conseiller pour lui souffler les réponses ou un discours à lire.
Sur Bondy-Blog et On n’est pas couché, Éva Joly reste calme et convainc en dépit du climat fortement hostile auquel elle est confrontée(4).
J’aime sa réplique « moi, je veux parler à l’intelligence des Français » qui en dit long sur un contexte politique où l’on utilise la rancœur (Hollande dont le programme consiste à dénigrer Sarkozy), le bouc-émissariat (Sarkozy) ou la peur pour gagner des voix. Éva Joly refuse de se mettre à ce niveau.
J’aime sa position sur l’Europe : on a tout à perdre si l’on détruit l’Europe, mais il faut changer d’Europe. Aujourd’hui, elle est ultralibérale. C’est en votant massivement – de façon directe au Parlement européen, indirecte via les élections présidentielles qui forment le Conseil de l’Europe – qu’on parviendra à changer la donne.
Je ne peux qu’abonder puisque à l’échelle d’un pays, on a prouvé que les acteurs économiques avaient plus de pouvoir que l’État (l’État obligé de renflouer les banques pour les sauver du dépôt de bilan en 2008, alors qu’elles ont engendré la crise des subprimes, et le marasme économique qui s’ensuit jusqu’à aujourd’hui). A l’échelle d’un pays, impossible de lutter contre la concurrence fiscale et la délocalisation des riches (personnes physiques et morales, i.e. les entreprises) : c’est pourquoi l’impôt est dégressif, les grandes entreprises étant imposées autour de 8 %, les PME à plus de 33 % ! A l’échelle d’un pays enfin, impossible de conserver un marché de l’emploi protecteur pour les salariés, quand les entreprises n’ont qu’à se délocaliser juste à côté pour que le coût du travail soit divisé par deux.
La solution des libéraux, c’est la dérégulation, en d’autres termes la destruction progressive de tous les acquis sociaux. La solution d’Éva Joly, c’est l’harmonisation européenne (une Europe fédérale) comme prérequis indispensable pour que disparaisse la concurrence entre pays (ce qu’on appelle la « compétitivité ») avant qu’on n’assiste à une paupérisation de 90 % de la population au profit des élites.
Voilà, je voulais vous présenter ma candidate.
Une écologiste fortement marquée à gauche, pro-européenne mais dans une perspective plus fédérale et moins libérale, très sensible aux questions sociales, économiques et fiscales, compétente et intègre.
Et quelle femme ! Immigrée à 18 ans pour suivre l’homme qu’elle aimait, juge d’instruction incorruptible et redoutée, infatigable adversaire du blanchiment d’argent et des paradis fiscaux, auteure prolifique. Même pour les québécois(e)s qui ne viendront pas voter en France, il fallait que je vous la présente. Pour les autres visiteuses françaises du site, si je peux lui avoir fait gagner quelques voix, je me sentirais utile.
NOTES :
(1) Cette polémique remonte à la proposition d’Éva Joly de remplacer le défilé militaire du 14 juillet, date de la prise de la Bastille et fête nationale française, par un défilé citoyen. Une autre de ses propositions ayant fait polémique est d’avoir proposé de substituer, pour les membres des autres religions en faisant la demande auprès de leur entreprise, la fête chrétienne de Noël par un jour férié à la date de leur fête religieuse.
Qu’on soit pour ou contre ces mesures, et j’y suis plutôt favorable quoique la seconde me semble un rien délicate à mettre en place, honnêtement… Quelle importance ! Les enjeux de cette décennie ne sont pas là ! Mais ces propositions, aussi anodines soient-elles, touchent aux symboles. Or les gens ont peur quand on touche à leurs symboles, fût-ce pour les embellir. Les médias se sont donc rués sur ces propositions clivantes pour nier à Éva Joly la légitimité de se présenter aux présidentielles.
(2) Son programme est fortement marqué à gauche et structuré autour d’enjeux économiques. Moi je dirais que c’est plutôt une chance, qu’elle soit si imprégnée d’économie, de fiscalité, d’enjeux sociaux et si au fait des jeux de pouvoirs. Mais il paraît que c’est un handicap car ce n’est pas le terrain de prédilection des Verts, on lui reproche donc d’oublier l’écologie dans sa campagne.
(3) Petit coup de croc parce que la volte-face paniquée de François Hollande sur la substitution d’un crédit d’impôt au système français du quotient familial, que son équipe de campagne avait suggérée, et qui serait une avancée en terme de justice sociale, m’a franchement exaspérée. Je n’aime pas quand un candidat ne comprend pas son propre programme !
(4) En passant, je dénonce l’acharnement des journalistes, dont l’agressivité panurgienne (elle est basse dans les sondages, on peut se lâcher !) me semble le comble de la bêtise. D’autant que leur propension mauvaise à tenter de coincer Éva Joly porte systématiquement sur des points futiles, car ils alimentent les polémiques inutiles et parasites (en France, on a l’expression « une tempête dans un verre d’eau » qui qualifie bien ce type de polémiques). Par exemple, ils essaient de démontrer qu’Éva Joly n’aimerait pas la France, ou que Nicolas Hulot lui ferait défaut dans sa campagne.
Je déplore également le « lissage » du discours d’Éva Joly. Cet aspect plus suave est très récent. Il m’attriste en particulier quand le journaliste nous sert l’habituelle amalgame entre liberté de religion et oppression des femmes au nom de la religion. On sent qu’Éva Joly n’est pas sincère à ce moment-là. Elle a une pointe de franchise en parlant du rap. On lui a bien fait la leçon, c’est dommage.
Les experts en communication de son parti ont d’ailleurs décidé de lui ôter ses lunettes, de la permanenter et de l’engoncer dans un tailleur BCBG. Il faut dire que des personnalités politiques (Nadine Morano notamment, UMP) l’ont accusée de reculer dans les sondages parce qu’elle était moche et avait trop d’accent ! Je vous laisse juger.
Sabrina, Correspondances libres, furieuses et joyeuses entre jeunes féministes
http://www.jesuisfeministe.com/?p=4613
Pas de meeting mais un échange avec « des vrais mots, des vrais gens, des vrais problèmes. » Pour son passage à Toulouse, Eva Joly a choisi une rencontre à la maison des chômeurs du Mirail. Alors que les intentions de vote stagnent à un petit 3%, l’ancienne juge d’instruction continue de privilégier les petits comités et compte sur le réseau des élus EELV locaux, qu’elle a rencontré plus tôt dans la journée.
« L’écologie n’est pas qu’un problème de riches »
Il neige devant la maison des chômeurs non loin du métro de la Reynerie. Au pied de la barre, les militants Verts commentent une actualité pour le moment peu favorable à leurs couleurs. « On nous juge sur la forme et pas sur le fond », peut-on entendre aux côtés de commentaires acerbes sur des sondages estimés trop sévères. En revanche, pas une critique concernant la stratégie adoptée par la candidate censée être désormais épaulée par les cadres d’EELV. Et à Toulouse, Eva Joly voyage en binôme. A ses côtés, Dominique Voynet, elle-même ancienne candidate à la présidentielle en 2007. « Il y a une certaine solitude à être candidate à la présidentielle », avoue Eva Joly. « Dominique me fait partager son expérience de femme candidate. » Voilà pour la forme.
« On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière», Dominique Voynet
A contrario, côté auditoire, on se penche plutôt sur le fond et c’est bien sûr le thème de l’emploi qui motive le principal des sollicitations. Sur le sujet, la candidate a sa feuille de route : « 400 000 emplois verts » induits par un grand plan de rénovation de logement. Car dans un quartier réputé difficile, les habitations « sont des passoires énergétiques », explique la candidate pour qui « l’écologie n’est pas qu’un problème de riches. »
Sarkozy et l’Allemagne
Mais de son propre aveu, ce ne sera pas suffisant pour absorber les quatre millions de chômeurs que compte le pays. « Il faut partager davantage le travail. Inciter les entreprises à réduire le temps de travail, ça créé 10% d’emploi », ajoute la candidate. Une idée précisée par Dominique Voynet : « On pourrait imaginer que des travailleurs aux métiers pénibles réduisent progressivement leur durée hebdomadaire de travail à partir de 50 ans. L’idée, c’est de ne pas quitter le travail pour aller directement au cimetière. » A l’instar de Nicolas Sarkozy, le voisin allemand est invoqué : « Il faut remettre l’homme au centre de l’économie et plus seulement le bénéfice. Comme en Allemagne, je propose de donner 50% des sièges des conseils d’administration aux salariés. » Mais la comparaison avec le président sortant s’arrête là : « Sarkozy choisit en Allemagne les exemples qui lui conviennent. Il oublie de préciser que là-bas, les loyers sont encadrés et que la sortie du nucléaire est engagée. »
« Moi, j’ai la haine de soi, je ne sais plus où j’en suis »
Pour l’instant grande absente de la campagne, la thématique des « banlieues » et de l’intégration n’en est pas moins présente dans les débats. Un habitant d’origine maghrébine intervient : « Je n
e sais plus où j’en suis, entre mes origines, et ma citoyenneté française. Je suis français et pourtant mes racines me culpabilisent. » Visiblement touchée par le témoignage, Eva Joly dresse son état des lieux : « Je sens une violence dans la société, une volonté de retourner au clocher. Pour les communautés, il est intériorisé qu’on doit vivre mieux en se faisant petit. » La faute à des « semeurs de haine », Marine Le Pen en tête : « Elle n’est qu’une héritière, celle de son père. Nous avons vu son vrai visage à Vienne où elle est allée non pas pour danser la valse, mais bien rencontrer ses amis nazis.» Avec 20% d’intentions de vote depuis de longs mois, ce constat « d’intériorisation » des thèses du Front National ne semble pas dénué de tous fondements. Un pari loin d’être gagné pour les idées écologistes qui continuent de « tracer un sillon original » mais parfois ingrat pour Dominique Voynet : « Le Front de Gauche vient d’apprendre l’expression isolation thermique et parle de sortie de nucléaire. Ce sont des sujets que nous portons depuis très longtemps. Mais nous, nous ne sommes pas ambigus. » «Nous allons gagner les élections, conclut Eva Joly. Peut-être pas maintenant, mais en 2022″.Laissez-moi vous présenter Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle en France.
Aujourd’hui, je vous présente quelqu’un.
Éva Joly est la candidate d’Europe Écologie les Verts suite au plébiscite de sa candidature à la primaire écologiste (à 64 voix près, elle l’emportait dès le premier tour). Ancienne juge d’instruction, elle est connue pour avoir traité le dossier Elf (une grosse affaire de corruption, financement illégal de parti politique, emplois fictifs, détournement de fonds…). En revanche, la majorité des gens ignorent qu’elle a également fondé « Network », un réseau privé de juges et d’enquêteurs engagés dans la lutte contre la corruption. En 2009, elle est appelée auprès du gouvernement islandais comme conseillère dans la lutte anti-corruption. Elle écrit de nombreux essais engagés (La force qui nous manque, des Héros ordinaires, les yeux de Lira, Sans tricher, La grande évasion…).
Pour la présenter, trois adjectifs me viennent à l’esprit : courage, franchise, intégrité. Évidemment, cela détonne dans le paysage politique français. Elle est traînée dans la boue à grands renforts de sondages et de « les Français vous reprochent… » par les médias hexagonaux. On monte en épingle des polémiques insignifiantes, car Éva Joly n’a pas la langue dans sa poche. On lui oppose ainsi qu’elle n’aimerait pas la France (1), on lui reproche son accent, ses tenues négligées, ses lunettes kitch, on fulmine qu’elle n’aurait pas légitimité à se présenter (ah bon ?) parce qu’elle a la double nationalité, parce qu’elle est jeune en politique, parce qu’elle se serait trompée de parti, etc. (2)
Les journalistes les plus tendres qualifient Éva Joly d’ « atypique ». Vue la norme actuelle dans le paysage politique français, « atypique » sonne à mon oreille comme un merveilleux compliment. Je voudrais que vous preniez le temps de lire les liens suivants pour vous forger votre propre opinion, loin du matraquage des médias.
C’est important pour moi car une personnalité politique de cette qualité, je crains qu’il se passe un bon quart de siècle avant qu’avec de la chance, il en émerge une autre…
Commençons de façon logique, par son Site de campagne.
Ensuite, puisque l’on est sur un forum féministe, comment Éva Joly réagit-elle quand on lui expose les chiffres éloquents du retard d’égalité de la France ? C’est sur Terrafemina.
Elle me plaît d’autant plus que la concurrence est faible.
A gauche, François Hollande se moque éperdument des droits des femmes, qui font l’objet d’un ou deux brefs paragraphes dans son programme. De toute façon, depuis l’affaire DSK, ma confiance dans un parti qui le pressentait comme son champion, tout en connaissant les plaintes déposées contre lui, s’est sérieusement effritée.
A droite, si l’UMP redouble de lois d’annonce en matière d’égalité, elle les prive aussitôt d’effet (avec des dates d’application reportée en 2018 ou plus, des sanctions inexistantes « définies ultérieurement par décret », etc.). Concrètement, aucune de ces lois n’a pour le moment démontrer la moindre efficacité, et pour cause.
En attendant, les politiques d’austérité frappent plus sévèrement les femmes et le ministère aux droits des femmes a été supprimé. Par ailleurs, l’UMP paie une amende énorme chaque année faute de parvenir à assurer la parité dans ses rangs.
Quant à la question du voile, si je suis favorable dans une certaine mesure au dispositif, l’objectif est très clairement d’instrumentaliser la question pour offrir une tribune au racisme à des fins électorales. Résultat, après un quinquennat de cet amalgame nauséabond, les gens ont définitivement associé le port du voile à la liberté religieuse et l’intégration des communautés musulmanes. Il n’est plus possible aujourd’hui de déplacer le débat sur le terrain de l’émancipation des femmes et de leur accès à la République.
Contrairement à la droite hypocrite et la gauche qui s’en fout, Éva Joly est crédible sur le plan de la défense des droits des femmes.
Sur Rue 89, je vous propose de vous attarder sur les questions en direct des Internautes. Éva Joly répond en temps réel, voici une de ses réponses concernant la fiscalité des hauts revenus. Contrairement à Hollande(3), elle n’a pas besoin qu’on lui écrive ses discours pour réagir, et elle comprend la fiscalité.
Ce qui m’a frappée dans cette réponse d’Éva Joly, c’est son extrême franchise. Elle ne cherche pas à séduire mais explique ses idées, quitte à heurter son interlocuteur : regardez comme elle rectifie l’assertion de l’internaute qui lui reproche de vouloir établir un taux d’imposition confiscatoire à 50 % en lui rappelant que le taux qu’elle propose est de 70 % ! Je n’avais jamais vu un(e) politicien(ne) agir ainsi !
En outre, belle démonstration de sa compétence en matière fiscale. Elle explique que l’impôt sur le revenu (« IRPP ») frappe les revenus quelle que soit leur origine ; que les plus hauts revenus sont essentiellement composés de revenus du capital et non du travail ; et qu’au demeurant, au-delà d’un certain seuil, il y a dissociation entre la valeur ajoutée du travail et le revenu qui y est associé (primes exceptionnelles, parachutes dorés, etc.). Elle continue en expliquant que les niches fiscales, qui sont en passe d’être diabolisées, sont un des derniers leviers restant au niveau national pour orienter l’investissement et agir sur l’économie, puisque l’Europe empêche une micro-gestion budgétaire ou monétaire. C’est rare, un(e) présidentiable capable d’argumenter sur la fiscalité sans un conseiller pour lui souffler les réponses ou un discours à lire.
Sur Bondy-Blog et On n’est pas couché, Éva Joly reste calme et convainc en dépit du climat fortement hostile auquel elle est confrontée(4).
J’aime sa réplique « moi, je veux parler à l’intelligence des Français » qui en dit long sur un contexte politique où l’on utilise la rancœur (Hollande dont le programme consiste à dénigrer Sarkozy), le bouc-émissariat (Sarkozy) ou la peur pour gagner des voix. Éva Joly refuse de se mettre à ce niveau.
J’aime sa position sur l’Europe : on a tout à perdre si l’on détruit l’Europe, mais il faut changer d’Europe. Aujourd’hui, elle est ultralibérale. C’est en votant massivement – de façon directe au Parlement européen, indirecte via les élections présidentielles qui forment le Conseil de l’Europe – qu’on parviendra à changer la donne.
Je ne peux qu’abonder puisque à l’échelle d’un pays, on a prouvé que les acteurs économiques avaient plus de pouvoir que l’État (l’État obligé de renflouer les banques pour les sauver du dépôt de bilan en 2008, alors qu’elles ont engendré la crise des subprimes, et le marasme économique qui s’ensuit jusqu’à aujourd’hui). A l’échelle d’un pays, impossible de lutter contre la concurrence fiscale et la délocalisation des riches (personnes physiques et morales, i.e. les entreprises) : c’est pourquoi l’impôt est dégressif, les grandes entreprises étant imposées autour de 8 %, les PME à plus de 33 % ! A l’échelle d’un pays enfin, impossible de conserver un marché de l’emploi protecteur pour les salariés, quand les entreprises n’ont qu’à se délocaliser juste à côté pour que le coût du travail soit divisé par deux.
La solution des libéraux, c’est la dérégulation, en d’autres termes la destruction progressive de tous les acquis sociaux. La solution d’Éva Joly, c’est l’harmonisation européenne (une Europe fédérale) comme prérequis indispensable pour que disparaisse la concurrence entre pays (ce qu’on appelle la « compétitivité ») avant qu’on n’assiste à une paupérisation de 90 % de la population au profit des élites.
Voilà, je voulais vous présenter ma candidate.
Une écologiste fortement marquée à gauche, pro-européenne mais dans une perspective plus fédérale et moins libérale, très sensible aux questions sociales, économiques et fiscales, compétente et intègre.
Et quelle femme ! Immigrée à 18 ans pour suivre l’homme qu’elle aimait, juge d’instruction incorruptible et redoutée, infatigable adversaire du blanchiment d’argent et des paradis fiscaux, auteure prolifique. Même pour les québécois(e)s qui ne viendront pas voter en France, il fallait que je vous la présente. Pour les autres visiteuses françaises du site, si je peux lui avoir fait gagner quelques voix, je me sentirais utile.
NOTES :
(1) Cette polémique remonte à la proposition d’Éva Joly de remplacer le défilé militaire du 14 juillet, date de la prise de la Bastille et fête nationale française, par un défilé citoyen. Une autre de ses propositions ayant fait polémique est d’avoir proposé de substituer, pour les membres des autres religions en faisant la demande auprès de leur entreprise, la fête chrétienne de Noël par un jour férié à la date de leur fête religieuse.
Qu’on soit pour ou contre ces mesures, et j’y suis plutôt favorable quoique la seconde me semble un rien délicate à mettre en place, honnêtement… Quelle importance ! Les enjeux de cette décennie ne sont pas là ! Mais ces propositions, aussi anodines soient-elles, touchent aux symboles. Or les gens ont peur quand on touche à leurs symboles, fût-ce pour les embellir. Les médias se sont donc rués sur ces propositions clivantes pour nier à Éva Joly la légitimité de se présenter aux présidentielles.
(2) Son programme est fortement marqué à gauche et structuré autour d’enjeux économiques. Moi je dirais que c’est plutôt une chance, qu’elle soit si imprégnée d’économie, de fiscalité, d’enjeux sociaux et si au fait des jeux de pouvoirs. Mais il paraît que c’est un handicap car ce n’est pas le terrain de prédilection des Verts, on lui reproche donc d’oublier l’écologie dans sa campagne.
(3) Petit coup de croc parce que la volte-face paniquée de François Hollande sur la substitution d’un crédit d’impôt au système français du quotient familial, que son équipe de campagne avait suggérée, et qui serait une avancée en terme de justice sociale, m’a franchement exaspérée. Je n’aime pas quand un candidat ne comprend pas son propre programme !
(4) En passant, je dénonce l’acharnement des journalistes, dont l’agressivité panurgienne (elle est basse dans les sondages, on peut se lâcher !) me semble le comble de la bêtise. D’autant que leur propension mauvaise à tenter de coincer Éva Joly porte systématiquement sur des points futiles, car ils alimentent les polémiques inutiles et parasites (en France, on a l’expression « une tempête dans un verre d’eau » qui qualifie bien ce type de polémiques). Par exemple, ils essaient de démontrer qu’Éva Joly n’aimerait pas la France, ou que Nicolas Hulot lui ferait défaut dans sa campagne.
Je déplore également le « lissage » du discours d’Éva Joly. Cet aspect plus suave est très récent. Il m’attriste en particulier quand le journaliste nous sert l’habituelle amalgame entre liberté de religion et oppression des femmes au nom de la religion. On sent qu’Éva Joly n’est pas sincère à ce moment-là. Elle a une pointe de franchise en parlant du rap. On lui a bien fait la leçon, c’est dommage.
Les experts en communication de son parti ont d’ailleurs décidé de lui ôter ses lunettes, de la permanenter et de l’engoncer dans un tailleur BCBG. Il faut dire que des personnalités politiques (Nadine Morano notamment, UMP) l’ont accusée de reculer dans les sondages parce qu’elle était moche et avait trop d’accent ! Je vous laisse juger.
Sabrina, Correspondances libres, furieuses et joyeuses entre jeunes féministes
http://www.jesuisfeministe.com/?p=4613
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